Comme la caresse de la proie, au fauve qui s’apprête à la dévorer

Lu sur le mur d’une « amie »

« ……………. a posté : DOHA est en train de détruire des arbres à MAAMORA ou plutot de les massacrer pour les remplacer par cette BRIQUE….C’est horrible..des arbres jetées par ci par là comme des cadavres… »

……………….. Oui, j’ai fait up ce matin pour remonter ce sujet d’extrême importance.

………………….. j y ai passé toute ma jeunesse comme beaucoups d enfants,c est une de nos plus grande richesse

……………………. le poumon du maroc

……………………… Il y a des lois qui devraient protéger l’environnement, malheureusement difficile à appliquer, et c’est là tout le combat

Salah Elayoubi: Ce régime criminel ne nous épargnera aucune ignominie ! Voici maintenant qu’il autorise ses complices et autres laudateurs ignorants et sans scrupules à s’attaquer aux joyaux de notre patrimoine, une forêt millénaire que même Tite-Live, l’écrivain romain avait encensé en 39 avant J-C, lors de sa description de la Maurétanie Tingitane !! Pour cela aussi, le moment venu, ils devront payer !

…………………… @Salah, la charte de fonctionnement du groupe interdit les insultes. Merci de reformuler votre idée sans insultes.

Mounkid Benani: ……………, bonjour je ne remarque aucune insulte dans les propos de Salah Elayoubi, il qualifie un régime de criminel c’est tout. Criminel n’est pas une insulte c’est un qualificatif à mon sens.

Salah Elayoubi: Mounkid ! Laisse tomber va ! Ca ne mérite même pas d’être relevé !

…………………….. Oui, d’autant que la forêt est le poumon de la ville. Détruire des arbres c’est condamner toute une population à de graves soucis de santé

Dialogue surréaliste diamétralement éloigné de l’indignation qui sied à pareilles circonstances.

Pendant que des criminels sans foi ni loi, dévastent impunément la forêt, certains ont la prétention d’apprendre aux citoyens qui s’indignent, à éviter de prétendues insultes, allant jusqu’à recommander que le commentaire incriminé, soit reformulé.

On croit rêver.

Depuis quand dénoncer un crime et pointer un criminel constitue-t-il une insulte ?

« Ida ousnidati al oumouri li ghayri ahliha fa intadiri assa3a » dit le vieil adage arabe

« Confiez la tâche aux mauvaises compétences et attendez vous à la fin prochaine ! »

Au lieu de s’indigner, de protester, d’enquêter, d’alerter journaux, médias et organisations écologistes mondiales, nos apprentis écologistes échangent des banalités, devisent sur le bon vieux temps des promenades du dimanche, énoncent de navrantes vérités sur le poumon de la ville, ou encore se désolent de la difficulté à appliquer les réglements.

On connaissait les desseins du régime de s’attaquer à notre détermination et à notre capacité à nous indigner et lutter contre les injustices.

Aurait-il par hasard réussi ?

Serions-nous devenus les agneaux qu’il rêvait ?

Pendant que nos amis échangent propos sirupeux, et font assaut d’amabilité et de politesse convenue, les complices du régime, qui ont payé leur dîme, aux plus hautes autorités du pays, s’estiment en droit de jouir de passe-droits qui les autorisent à s’en prendre à notre patrimoine, avec la férocité qui caractérise les ignorants, les ignares et les criminels, détruisant, sans doute, à tout jamais la faune et la flore aussi impunément que l’on écraserait une fourmis.

Le fleuve de la Moulouya subit tous les jours les rejets de Sucrafor, une usine sucrière de betteraves, filiale du groupe marocain Cosumar, qui monopolise la production nationale de sucre. Ce n’est pas la première fois que cette société est mise en cause dans la pollution de la Moulouya. Le 15 juillet, des milliers de cadavres de poissons, infestent les eaux du fleuve. Une mascarade d’enquête conduite par les autorités, dédouane l’usine de toute responsabilité et pointe du doigt la chaleur exceptionnelle. La dénonciation de cette usine dans la pollution n’a jamais cessé depuis les années 1980 et 1990. En pure perte.

Dans l’Atlas marocain, une forêt primaire à la beauté éblouissante, la Cédraie se meurt victime de la chenille processionnaire, de la coupe sauvage, et de la corruption qui gangrène le corps de la garde forestière et les autorités. Le tout, jusque sous les fenêtres du Palais d’Ifrane, et dans l’indifférence quasi générale. Les documentalistes étrangers, qui se sont rendus dans ce magnifique biotope, abritant une faune endémique exceptionnelle, dont les singes magots, n’ont pas manqué d’alerter les autorités et de signaler les dangers qui la guettent. Silence total sur ce crime écologique sans nom !

Au Nord de Larache un site exceptionnel a été complètement dévasté par des promoteurs touristiques sans scrupules qui n’ont pas hésité à dynamiter un pan entier de montagne et déverser le reste dans la mer, pour s’offrir un misérable bout de plage ! Quand on sait que la législation marocaine interdit l’appropriation du domaine maritime, on peut facilement imaginer de quel genre d’appui disposent les promoteurs !

A Rabat, sur les bords du Bou-Regreg ce qu’on nous a vendu comme l’un des joyaux de l’Urbanisme de la capitale, est, en réalité, une aberration sans nom. Au lieu d’aménager intelligemment les berges de la rivière et en faire un abri pour le biotope, et une zone de promenade pour nos piétons, les promoteurs véreux et incompétents n’ont pas trouvé mieux que d’enclaver un port de plaisance sur cet oued, dont le lit fait depuis toujours, l’objet d’un ensablement régulier, depuis la construction des deux jetées sur l’Atlantique, aggravé par la construction du barrage en amont. Autant dire que nous faisons aujourd’hui, la chronique d’un échec annoncé !

A Tanger, alors qu’un groupe hispano-suisse, avait projeté pour le site du Ghandouri, une belle réalisation, prenant en compte la protection de la forêt, le recyclage des eaux usées et l’intégration au site, la CDG n’a pas trouvé mieux que de lui substituer une réalisation qui, en même temps qu’elle a dévasté la forêt de pins maritimes, a enlaidi le site. Derrière cette réalisation d’une désolante médiocrité, les appétits des amis de la Direction Générale de la CDG pour les résidences secondaires.

Pendant ce temps, nos amis continuent de deviser, en toute sérénité, sur la beauté perdue de la forêt de la Maamora, celle-ci se meurt sous les assauts d’une urbanisation aberrante.

Comme ces premiers chrétiens, livrés aux lions, dans les arènes romaines, et qui, par aversion pour toute violence, allaient jusqu’à caresser les fauves, qui allaient les dévorer, nous contemplons l’ampleur du désastre qui prend place sous nos yeux. Ne pas nous indigner plus que cela, équivaut, au sens de la loi, à une complicité de crime écologique.

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