« Ils sont mal tombés »

« Ils sont mal tombés ! », avait lancé Ahmed Benseddik, péremptoire autant que déterminé, dans l’une de ses interviews à propos de la faune interlope qu’est l’entourage du roi.  

Il ne s’est pas dédit une seule fois depuis, s’acharnant à coups d’interviews, à dénoncer la corruption et le népotisme des proches du roi.

Aux déclarations d’Amina Bouayach, Présidente de l’Organisation marocaine des droits humains et de Mohamed Sebbar, Secrétaire Général du CCDH, qui, pour botter en touche, n’ont rien trouvé mieux, que  l’inviter à porter son affaire devant les instances judiciaires, le centralien a répondu par une interview fracassante, au journal « Almobadarah.com »

–  » Ils essaient de faire croire à l’opinion publique, qu’il s’agit là d’un cas personnel isolé, alors que l’affaire est une affaire de corruption et rien que de corruption……. De corruption généralisée, qui n’existerait pas si les tribunaux rendaient une justice équitable et indépendante ! »

L’ingénieur en a profité pour rappeler qu’il avait tenté d’ester l’affaire des 1200 ans de Fès,  confiée à Maître Mohamed Tarik Sbaï, mais toutes les voies de recours juridiques ont été tentées en pure perte.

Le tribunal de première instance de Casablanca a, purement et simplement, jugé la plainte en diffamation, contre Saad Kettani, irrecevable.

Le tribunal administratif, quant à lui, s’est déclaré incompétent, dans l’affaire du dévoiement de la lettre du Cabinet Royal au Premier Ministre.

Après avoir, longtemps gardé le silence, dans l’espoir de voir se régler l’affaire,  par un arbitrage royal,  Benseddik a insisté sur le fait que tout cela,  relevait moins de la justice ou du droit que de politique et d’éthique morale, le roi et le Premier Ministre refusant d’assumer leurs propres responsabilités.

L’ingénieur n’hésite pas à citer le chambellan du roi, Brahim Frej, qui lui aurait affirmé que la nomination de Saad Kettani, à la tête de la manifestation des 12 siècles de Fès était, en fait, sa récompense,  pour avoir vendu le groupe Wafabank à l’ONA.

Le nœud du problème au Maroc, a-t-il poursuivi, est le mélange des genres, le roi faisant passer ses intérêts personnels avant ceux du pays et s’obstinant à garder à leurs postes des personnages sulfureux, symboles mêmes de la corruption. Son refus de dénoncer à la justice ces derniers, constitue, en soi, un délit passible de poursuites pénales.

Benseddik qui semble s’être décidé à  franchir  le Rubicon, a achevé son interview en s’interrogeant sur le fait qu’aucune des déclarations qu’il  tient, depuis plusieurs mois, ne lui a valu de poursuites judiciaires, alors que le régime se raidit à l’encontre de ses contradicteurs ?

Rappelons, pour mémoire, que Benseddik avait été contraint à la démission de son poste de Directeur du centre de balnéothérapie de Moulay Yaacoub, sous la menace, à peine voilée  de poursuites pour une offense imaginaire qu’il aurait fait subir à la personne du roi, puis s’était vu dépouiller du projet des douze siècles de la ville de Fès qu’il avait imaginé, initié et lancé, au profit de Saad Kettani, alors même qu’il en avait été nommé Directeur, par le roi.

Affaire à suivre.

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Un commentaire pour « Ils sont mal tombés »

  1. Cela a une plus belle forme sur WORDPRESS, j’ai savouré l’article !

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