Démocratie à l’Israélienne

Le Hamas et Israel ont révélé  avoir conclu un accord en vertu duquel l’Etat hébreux, s’engageait à libérer environ un millier de prisonniers palestiniens,  contre le soldat Gila Shalit, détenu depuis cinq ans, dans un endroit tenu secret, dans la bande de Gaza. Sa capture faisait suite à une opération commando menée par des combattants du Hamas, contre des éléments de l’armée israelienne, en 2006.

En cinq ans, Israël n’avait jamais réussi à localiser le soldat, ni à infléchir l’intransigeance du Hamas, géôlier du jeune soldat, et ce,   malgré plusieurs opérations militaires, dont la violence avait emporté de nombreux civils innocents et  soulevé  l’indignation générale. Le bouclage hermétique du territoire Gazaoui, n’avait également rien donné.

Ce n’est pas la première fois que l’Etat israélien procède à une libération massive de prisonniers contre la récupération  de quelques soldats. A quinze reprises, dans le passé, de tels échanges avaient eu lieu, dont la plus importante le  23 novembre 1983, avec  quatre mille six cents Palestiniens contre six soldats juifs, capturés un an auparavant, par l’OLP au Liban.

La diplomatie égyptienne sort grandie de cet accord,  les locaux des services de renseignements du Caire, ayant abrité, depuis plusieurs mois les négociations ardues entre les deux deux ennemis mortels.  Israël considérant, en effet ,  depuis toujours, qu’elle ne doit pas libérer ceux qu’elle qualifie de terroristes et qui ont du sang sur les mains. Le Hamas estimant,  pour sa part, que ses prisonniers sont des résistants à l’occupant israélien, coupable de crimes de sang et de violences sur des civils innocents.

Un médiateur allemand, dont le nom n’a pas été divulgué,  aurait pris part aux négociations.

La France et la Turquie ne sont pas en reste.

Jusqu’à la Syrie qui aurait exercé des pressions sur le chef politique du Hamas en exil à Damas, Khaled Meshaal, pour qu’il accepte un compromis.

Les points d’achoppement concernaient essentiellement la liste des personnes concernées par la libération.

Les informations les plus contradictoires circulent ,  sur l’éventuel élargissement  du  dirigeant de la seconde Intifada palestinienne, Marwane Barghouthi, et du chef du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) Ahmad Saadate, respectivement condamnés à cinq fois la perpétuité et à trente ans de prison.

On ignore également si l’accord prévoit le banissement des libérables, dans la bande de Gaza, Netanyahou refusant que les prisonniers considérés comme de « dangereux terroristes » regagnent la Cisjordanie, contrôlée par le président palestinien Mahmoud Abbas et mettant en outre son veto à certains noms, ainsi qu’à l’élargissement d’Arabes israéliens et de détenus originaires de Jérusalem-Est, annexée par Israël.

C’est le nouveau chef du Shin Beth, Yoram Cohen, rejoint, à présent, par, Ehoud Barak, le ministre de la Défense, Benny Gantz, le chef d’état-major, Tamir Pardo, le chef du Mossad,  qui  a pressé le gouvernement de prendre ce « risques calculé », mettant  en garde contre d’éventuelles dérives du printemps arabe « irréversibles » pour le soldat Shalit.

Cet accord ressemble bien à un pain béni, une sorte de deal gagnant-gagnant, pour les deux parties.  

Pour le Hamas d’abord, qui s’est imposé comme un interlocuteur incontournable pour l’Etat Israelien, même si les négociations n’ont jamais été directes. Ces  libérations  collectives sont perçues par la population palestinienne comme une victoire éclatante, et tombe à point nommé  pour  l’organisation islamiste  dont l’étoile pâlissait sérieusement, compte tenu des exactions auxquelles elle se livre, régulièrement,  à l’encontre de ses opposants.

Pour le Premier ministre Benyamin Netanyahou, ensuite, qui a bâti toute sa carrière sur la lutte intransigeante contre le terrorisme. Il sort auréolé du succès d’avoir réussi à faire libérer celui qui, au fil des ans, était devenu une icône en Israël. Il a évoqué une opportunité à saisir, et dont rien ne laisse présager qu’elle pourrait se reproduire à l’avenir.

Le gouvernement Nethanyahu  fait oublier, par ce geste, pour un moment, la poursuite de la colonisation des territoires occupés, que la communauté internationale, n’hésite plus à condamner, la qualifiant  d’obstacle au processus de paix.

Reste que si l’un des palestiniens libérés devait se livrer à quelque action terroriste, contre Israël, ce succès pourrait bien se transformer en victoire à la Pyrrhus et  l’opinion se retournerait inévitablement, contre le Premier Ministre israélien, pour le lui faire payer au prix fort.

On aura beau disserter sur l’arrogance de l’Etat hébreux, critiquer sa répression des populations en territoires occupées, dénoncer la ségrégation dont font l’objet les juifs séfarades  ou les discriminations endurées par les arabes israéliens,  considérés comme des citoyens de seconde catégorie, il n’en demeure pas moins que ce pays, a toujours été comptable de la vie de ses citoyens, n’hésitant pas à échafauder les plans les plus audacieux ou les plus périlleux, pour sauver ou récupérer des juifs,  menacés  ou séquestrés. Rappelons également qu’Israël n’a  jamais tiré sur ses citoyens, ni ne les a réprimés, au contraire de ses voisins arabes.

On ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec le cas du Maroc, dont les soldats, faits prisonniers par le Polisario, ont purement et simplement été oubliés par le régime et dont la libération n’est pas le fait des autorités marocaines,  mais des organisations internationales qui ont négocié pas à pas, deux décennies durant, l’approvisionnement de ces militaires, ainsi que les conditions de leur détention, puis leur libération. Rendus à leurs familles, ceux-ci  continuent, du reste, de réclamer justice, par la révision de leurs conditions de vies misérables, au prix d’une répression féroce qu’ils subissent de la part des autorités, qui les considérent comme des traîtres.

Pendant ce temps, au Sahara occidental, confisqué par le palais et ses affidés, persistent répression brutale, prédation économique et trafics en tous genres.

Rien qui nous rapproche d’une démocratie 

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