Vous devrez, tout de même, vous résoudre à partir

Ils ont frappé de nouveau et pris la crème d’entre nous !

Aujourd’hui vendredi 28 octobre, le mouvement du 20 février et l’association des diplômés demandeurs d’emploi, de la ville d’Aït Bouayach, province d’Al Hoceima,  enterrent  l’un des leurs assassiné, lâchement par les séides du makhzen.

De retour de Casablanca, où il avait participé à un sit-in national, organisé par l’association nationale des diplômés chômeurs, Kamal Hussaini se rendait à une réunion en plein air du mouvement du 20 février, lorsqu’il a été attaqué à l’arme blanche  par un individu, agissant sans doute sur ordre.

Grièvement blessé, Kamal est décédé des suites de ses blessures dans la soirée du jeudi 27.

Le plus choquant et le plus révoltant dans cette affaire, ce sont les images véhiculées par Internet, montrant notre camarade, gisant,  étendu sur le sol, puis alité sur une couche d’hôpital, faisant le signe de la victoire, preuve, s’il en était, que celui-ci aurait pu être sauvé, si des secours immédiats, lui avaient été prodigués.

Des instantanés qui en rappellent d’autres, ceux d’un autre Kamal,  Ammari,  et celles de Mohamed Bouderoua, tous les deux agonisant, dans le mépris général, dans le  couloir lugubre d’un hôpital de seconde zone.

Le pouvoir marocain qui se précipite au secours de ses sicaires accidentés, en utilisant les moyens les plus perfectionnés, pour les extirper des carcasses de leurs véhicules, puis les acheminer au moyen d’hélicoptères, vers les hôpitaux les mieux équipés, sifflote, en regardant ailleurs, lorsqu’il s’agit de ceux qui ont osé l’interpeller, sur la gouvernance criminelle régissant le destin de tout un peuple.

Encore plus ignoble, pendant que se déroulait cette tragédie, le Maroc claironnait qu’il accueillerait, des combattants libyens blessés par les troupes loyales à Kadhafi  et amputait notre pays de plusieurs médecins, pour les envoyer officier dans les établissements hospitaliers libyens.

Si nous étions dans le « plus beau pays du monde »,  ou encore celui   » qui fait grandir l’âme » comme ils le prétendent, nos trois compagnons seraient encore en vie.

Mais voilà, clamons le, une fois de plus, nous sommes les proies d’une dictature aussi sinistre et sordide qu’abominable, qui a fait du Maroc, un pays à deux étages, comme ces fusées qui, pour s’arracher à la pesanteur terrestre, doivent s’équiper de boosters. En périssant, ceux-ci expédient l’engin dans la stratosphère.

Au prix de notre avenir, de notre santé, de notre éducation et de nos vies, ils ont bâti  des empires, en abandonnant jusqu’à l’honneur.

 

A Ceux qui pensent qu’ils peuvent, encore, continuer, longtemps, de confisquer notre destinée, nous martyriser, nous avilir, puis nous occire impunément, je dis ceci: vous pouvez nous tuer autant de fois que vous le voudrez, vous devrez, malgré tout, vous résoudre à partir.

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