Bis repetita

Même mise en scène, mêmes acteurs, à peu de choses près, mêmes visages bouffis par la malhonnêteté et la mauvaise vie, mêmes costumes sombres, même décorum  de zelliges,  même siège géant, de velours, disproportionné,  en toile de fond, et dont on se demande à quel postérieur pachydermique,  son créateur le destinait.

Une seule chose a changé: Mohamed a enterré Hassan, le géniteur, sans, toutefois, arriver à le tuer complètement. Allant jusqu’à le singer misérablement, dans son accoutrement et poussant le mimétisme, au point de triturer la chevalière à l’identique, lorsqu’il s’agit d’occuper ses mains ou se donner un minimum de contenance.

Pour s’affranchir définitivement du père, Mohamed a conçu un autre Hassan. Ce sera le sien. Il expiera pour l’autre et jouera le rôle, que lui-même s’est résigné, à son corps défendant,  à tenir pendant plus de trois décennies.

La boucle est, ainsi,  bouclée et la victime tient sa revanche, même si dans ce mauvais film, le bourreau, étant allé ad patres,  une autre victime expiatoire, paie pour ses turpitudes, par le jeu d’un scénario aussi incohérent que grotesque !

On n’en attendait pas moins de cette famille qui marche sur la tête depuis que nous l’avons rendue à l’existence.

« Le roi des autistes »  se satisfait pourtant de cette illusion qu’il juge parfaite.

Effet garanti, pense-t-il.

Penses-tu !

Mohamed, Hassan et Rachid, sont toujours là. Se dit-il !

Le triumvirat est toujours d’actualité, des fois que les marocains auraient formulé l’espoir insensé d’échapper, un jour à ce trio infernal.

Triste Sire !  Incapable d’improviser un tant soit peu, de rénover, de renouveler,  ne serait-ce que  ce décor de pacotille,  qui a vu son prédécesseur s’engluer, se perdre et se fourvoyer dans nombres de crimes et  turpitudes.

Jusqu’au  mobilier, aux murs, aux zelliges, et  cette table en vulgaire Plexiglass, fourguée à prix d’or,  par un décorateur, au sommet de son art « bonimensonger », et  frappée des armoiries d’un royaume, pour lequel des dessinateurs ignorants, malveillants ou pire, machiavéliques, ont choisi comme emblème, les effigies de deux lions faméliques et effrayés, plutôt que rugissants, la queue entre les jambes, donc vaincus, humiliés et dominés.

Le comble pour une monarchie qui  prétend aux pleins pouvoirs !

Après ça, on viendra nous vanter l’intelligence du défunt-dictateur. Celle du rejeton étant indiscutablement plusieurs pointures en dessous.

C’est dire l’ampleur du désastre dont nous sommes victimes !

L’affaire des deux lions, un détail navrant,  pour les monarchistes convaincus.

Mais un détail prémonitoire, sans doute,  l’histoire nous le dira bientôt. Elle qui pardonne rarement  à ceux  qui n’entendent pas les appels à la raison.

Autrefois, dans cette salle dite du trône,  ils étaient quatre, mais le quatrième quidam, qui  voulait devenir roi à la place du roi, s’est exilé à neuf heures avant qu’on le chassât à onze. Un sport national chez les Alaoui, de convoiter ce que possède l’autre !

De toute façon, ça faisait un peu désordre, tout ce monde, en costume sombre sur cette estrade, qui en devenait étroite.

C’était limite bousculade pour arriver sur scène ou en repartir.

Pas très protocolaire.

Sans oublier que le cousin portait, depuis toujours,  ombre à l’acteur principal de cette bouffonnerie.

Ca faisait aussi  jaser et penser, inévitablement à une assemblée mafieuse. Manquait plus que les lunettes noires et on jouait « Main basse sur le pays ».

Alors à trois, ça va tout aussi bien, compte tenu de la docilité des deux seconds couteaux.

Ceux qui nous bassinent avec la nouvelle ère, voient  dans cette mise en scène tragi-comique, l’expression de la continuité d’instituions, qui leur dispensent l’impunité et  les rassure sur leur propre avenir.

Quant à la suite, qu’en dire ? Qu’en penser ?

Rien ! Car que penser de ce qui n’est pas !

Nous avons eu droit à la logorrhée habituelle  ânonnée, bégayée, où il est, pour la énième fois question de démocratie et d’Etat de droit, ce qui me fait irrésistiblement penser à Jean Delacour qui n’aurait pas boudé son plaisir de paraphraser sa propre formule:

« La démocratie, c’est comme la confiture, moins on en a, plus on l’étale ».

On ne peut s’empêcher, tout de même, de faire le constat  que « le roi des makhzeniens » s’est tout simplement parjuré, depuis son premier acte de Chef de l’Etat, le discours d’intronisation, prononcé « au nom de Dieu Le Clément, Le  Miséricordieux ».  Point de scrupules à mentir effrontément,  pour celui qui se revendique de la commanderie des croyants.

Il parle de démocratie. Il n’en a, en réalité, pas un soupçon. Ni dans l’esprit, ni dans le comportement, ni dans les gestes, ni dans les instituions.

Il évoque l’Etat de droit. Mais son esprit pense Makhzen. Cette satanée nébuleuse qui a saccagé les existences de millions d’individus.

Quant au Sahara, dont « Le roi des généraux » se prévaut,  j’ai envie de dire que ce sont les marocains qui l’ont conquis de haute lutte, au prix de milliers de morts, de blessés et de disparus, pour que ce régime ruine ce dossier, à coup d’incompétence et d’ignorance du droit le plus élémentaire.

Comme cette parodie de négociations, destinée à gagner du temps, dont ils pensent qu’il est extensible à l’infini et qui, faisant fi de toutes les règles de la diplomatie, se déroule par intermédiaires interposées, et en devient, autant le dire, antinomique de toute diplomatie.

Tout ça pour ça !

Ce mauvais film consommé, il nous reste l’espoir, que très bientôt, les effets bénéfiques du  Printemps arabe, parti de l’Est,  rallie les côtes de l’Atlantique, pour tirer définitivement le rideau sur cette tragédie toute marocaine.

Elle n’aura que trop duré !

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