De la rancune à la haine !

La barbarie constitue la pire  manifestation de la  lâcheté, étant, en règle générale,  le fait du plus fort contre le plus faible. Elle peut, en outre, prendre plusieurs formes. 

Le régime marocain les a, à peu de choses près,  toutes expérimentées

 

Il y a la barbarie des Chabihas d’Al Assad qui  égorgent les démocrates au couteau de cuisine à peine affûté, jusqu’à séparer la tête du tronc de leurs victimes,  puis,  se prennent à diffuser les vidéos,  histoire de semer l’épouvante, dans les esprits des manifestants.

 

Il y a la barbarie discrète, qui consiste à exterminer ses ennemis ou ses adversaires politiques, après les avoir enlevés  et fait, purement et simplement, disparaître, comme s’appliquait à le commanditer Hassan II dans ses points fixes, ses bagnes et ses mouroirs secrets.

 

Il y a la barbarie ordinaire,  qui consiste à exiler l’autre, à l’isoler, l’exclure, et  lui interdire insidieusement  toute activité économique, en faisant passer la consigne à ses suppôts.

 

Enfin, il y a celle qui sous-traite à la machine judiciaire, le sort de ceux qui contestent au régime ses turpitudes, afin qu’elle les broie le plus « légalement » du monde.  Le déguisement de la sordide réalité, étant supposé absoudre l’auteur, des éventuels reproches de la communauté internationale et des organisations de défense des droits de l’homme.

C’est la séquence lâcheté par l’injustice !

C’est cette méthode qui aura eu les faveurs de Mohamed VI et de sa diabolique administration,  pour casser du démocrate.

 

Le rappeur « Lhaqed » aura, au 9 décembre,  goûté  à trois mois de geôle,  pour de prétendus coups et blessures, ayant entraîné un coma imaginaire, et se sera vu refuser à chaque demande, sa liberté provisoire, alors que toutes les garanties, nécessaires à sa  présentation au procès, existent.

Ce qui vaut pour lui,  le vaut également pour d’autres, comme ces militants amazighs qui subissent également la répression pour avoir osé seulement, défendre leur culture et leurs traditions ou pour avoir dénoncé, ici ou là,  les exactions des sbires du pouvoir parachutés dans leur  village.

 

Une chose, est d’affronter la justice.

Une autre, est d’avoir affaire à un parquet, agissant sur ordre et instruisant, uniquement, à charge.

La subtilité de cette barbarie là,  consiste à travestir la cruauté et lui donner des allures de respectabilité, en la transposant dans les prétoires. Qui connaît les arcanes de la justice marocaine, sait les pas perdus de nos tribunaux,  bruissants de tragédies sans nom.

 

Si pour notre ami Mouad et les autres prisonniers politiques,  la vie s’arrête aux quatre murs d’une cellule et une cour de promenade, celle des parents ressemble, elle, à un calvaire:  panier à provisions et visites hebdomadaires, suivi du dossier au fil des audiences, des interrogatoires et des rendez-vous, auprès des avocats, intimidations policières, distillation de rumeurs d’aggravation du chef d’accusation, surveillance du domicile familial ou conjugal et autres maltraitances des autorités, sont le lot quotidien de ces damnés du régime.

 

La seule visite au prisonnier, est  un concentré de torture psychologique et un moment de grande solitude, pour les proches.  File d’attente interminable, par tous les temps,  fouille du panier, denrées périssables manipulées, malaxées, pétries jusqu’à la souillure, regards inquisiteurs, brimades,  gestes déplacées ou paroles comminatoires des gardiens.

Un rituel imposé, la plupart du temps, à d’honnêtes citoyens, qui ne connaissaient de la prison que ce qu’ils en voyaient, dans la filmographie ou entendaient, dans ces histoires qui n’arrivent qu’aux autres.

 

C’est cette même justice qui a ignoré de poursuivre ce cousin du roi, conduisant en état d’ébriété et peut-être plus, et qui a fauché, un soir,  les policiers, de faction, à un barrage routier, à la sortie de Rabat, tuant l’un d’entre eux.

 

C’est cette même justice qui a fermé les yeux, lorsque l’oncle du roi a révolvérisé le policier qui s’apprêtait à le verbaliser, dans une rue du centre-ville, de Casablanca.

 

Toujours la même justice,  qui continue d’ignorer  le cas de ces gendarmes, qui ont rançonné les compagnons de Assia Samdi,  pendant que celle-ci agonisait dans le fossé.

 

Justice à deux temps, ne dure qu’un temps !

 

Les tenants de l’absolutisme se leurrent, s’ils pensent  faire reculer l’histoire, à coups de stratagèmes.

La prison politique construit l’opposant, le fortifie et le conforte dans son militantisme et dans ses convictions. Il n’y avait qu’à voir Mouad pénétrer, ce mardi 6 décembre,  souriant dans le prétoire, au cri de « vive le peuple », pour s’en convaincre.

Contrairement à la lâcheté, la conscience et le courage ne s’achètent pas !

 

Ils ont voulu le jeter aux oubliettes, ils en ont sublimé l’héroïsme,  le militantisme,  la musique et le talent. Et s’ils ont échoué,  lamentablement, depuis neuf mois à contenir la colère du peuple marocain, ils auront,  par contre, réussi l’exploit, de transformer la rancune du Rossignol du vingt février, en haine absolue et définitive,  de leur stupide dictature !

 

Tant pis pour eux !


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