Droits de l’homme: quand il pleut des dénonciations sur le Maroc !

A l’heure où le régime marocain tente d’occulter l’essentiel de son ADN, et d’échapper à des réformes structurelles de ses modes de gouvernance, en recherchant la protection de l’administration américaine, pas moins de dix huit (18) associations de défense des droits de l’homme lui ont rappelé ses réalités et remis les pendules à l’heure, lors d’une conférence de presse sur l’état des Droits de l’homme dans notre pays.

De la liberté d’opinion, à la lutte contre la corruption, en passant par la mal gouvernance, tout a été passé au crible.

Un rapport aussi circonstancié qu’accablant pour Rabat et qui n’a pas non plus, occulté la maltraitance criminelle des migrants sub-sahariens, pris dans la nasse répressive, pour avoir osé transiter par notre pays, dans leur recherche d’une vie meilleure.

Les conférenciers ont évoqué les incidents qui ont émaillé le champ politique marocain, telle  l’interdiction faite au parti majoritaire au gouvernement, le PJD de manifester pacifiquement à Tanger, ou encore les procédures judiciaires menées contre des membres des force de police, des douaniers ou des militaires policiers  que les conférenciers ont jugées contraires à la loi.

Ils n’ont pas non plus épargné le chef du gouvernement qui est passé des promesses électorales de lutter activement contre la corruption et les injustices, à cette formule désormais célèbre,  selon laquelle  « Dieu absout les fautes passées ».

La conférence a également évoqué les récentes condamnations injustes des activistes du Mouvement du vingt février et la répression injustifiée de manifestations pacifiques, qui n’a pas épargné les journalistes couvrant les événements.

Dans une démocratie qui se respecte, les organes de presse et les chaînes de télévision auraient couvert ce point de presse,  pour en donner la plus large publicité, et ce rapport aurait provoqué un tollé dans le microcosme politique. Toutes tendances confondues, les parlementaires seraient montés au créneau, pour interroger le gouvernement sur ces transgressions insupportables  des droits de l’homme,  exiger une enquête parlementaire et des sanctions à la clé contre les responsables.

Mais au Maroc, l’autisme est une réalité tangible et un sport national pratiqué, à peu d’exceptions près, par les politiciens de tous bords. Le parlement marocain est réputé abriter de bien silencieux personnages qui n’ont jamais intégré dans leur cahier des charges, la première d’entre elles et la plus sacrée de toutes, celle qui consiste à « parlementer », soit porter la parole du peuple dans cet hémicycle,  y exposer ses souffrances, dénoncer les dérives coupables ou les injustices et les indignités qui le frappent et chercher à y remédier par les moyens de la démocratie !

Au lieu de quoi, le pouvoir marocain qui s’éprouve toujours  à l’abri d’un retour de manivelle, continue de jouer la montre et compte sur l’essoufflement des mouvements citoyens, sur la répression policière et les peines de prison pour réduire le mouvement printanier marocain !

Lourde erreur ! L’histoire de l’humanité est riche d’enseignements qui confirment que ce qui ne peut s’exprimer dans la paix, a tendance à se radicaliser.  La dernière manifestation de soutien à l’Islam a clairement démontré que la rue se tient toujours en embuscade et possède des réserves non négligeables qu’elle n’a pas encore mis à disposition de la contestation.

Le régime marocain aura donc beau recruter à tour de bras des policiers et les armer du meilleur matériel ou encore rechercher des « parapluies » auprès de ses parrains traditionnels, il ne ferait, in fine,  pas l’économie d’un soulèvement généralisé qui pourrait l’emporter.

 

Alors qu’il pleut des dénonciations au niveau national, Juan Mendez, le rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, alerté par les organisations de droits de l’homme et les comités de soutien aux différents prisonniers marocains, a entamé une visite dont les autorités marocaines, rompues à l’exercice de la désinformation du travestissement de la réalité et  du mensonge,  prétendent  qu’elle s’est faite à leur invitation, entendez par là, à leur propre initiative. Un pieux mensonge, si on prend la peine de décrypter la généalogie de cette mission et le message de l’envoyé spécial de l’ONU :

– « Ma cause première est d’engager un dialogue avec les décisionnaires et les acteurs clés afin, d’aider les autorités à faire respecter l’Etat de droit »

Un langage diplomatique exquis qui occulte mal, au mieux, une admonestation, sinon une condamnation   pure et simple des méthodes du Maroc.

Et nul doute que Monsieur  Mendez  trouvera matière à admonestation, une fois qu’il aura visité le Sahara occidental où le Maroc se comporte en véritable administration coloniale, réprimant à hue et à dia ses contradicteurs pour mieux ouvrir le territoire à la prédation de Mohammed VI.  Ce dernier, armé de son toupet habituel a  trouvé, après l’agriculture, à Dakhla sur des terres confisquées, un nouveau moyen d’enrichissement, à moindre frais,  dans les énergies renouvelables. Débarrassé d’une petite partie de son empire industriel, le monarque qui est dénoncé par plusieurs députés européens, pour l’utilisation quasi frauduleuse des fonds de l’Union européenne, avec la complicité de l’entreprise française Siemens, confisque des milliers d’autres hectares, au nez et à la barbe des sahraouis médusés par tant d’outrecuidance, de cupidité et de manque d’intelligence politique, pour en faire le support de ses projets d’énergie solaire et éolienne !

Le roi qui pensait sans doute qu’en éloignant ses activités du nord, il  y gagnerait en anonymat dans la prédation en aura été pour ses frais !

La répression sauvage n’aura pas découragé les contempteurs du régime marocain et les pourfendeurs de ses méthodes de faire remonter  une pluie de dénonciations vers la  communauté internationale. Ceci expliquant sans doute cela,  la fondation Robert Kennedy a dénoncé le « climat de terreur » qui règne au Sahara, accusant le Maroc de ne pas respecter les droits humains en se basant, sur les innombrables rapports qui lui sont parvenus et sur « l’omniprésence des forces de sécurité dans la région ».

Cette visite ne pouvait pas plus mal tomber pour le Maroc et le curieux toilettage de ses prisons n’occultera pas la réalité d’un régime qui s’enfonce, jour après jour, dans une dérive despotique qui nous impose la triste conclusion que ce sursaut démocratique maintes fois promis depuis plus de soixante cinq ans de larmes, de sang et d’ignominies, ne surviendra jamais.

 

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