Plastique, ô mon plastique !

L’association « Mawarid » lance une campagne nationale de sensibilisation au danger des sacs en plastique .

«Maroc sans sacs en plastique», qu’elle s’appelle, la campagne.

Autant l’appeler « Mission impossible IV » !

Mais on peut toujours rêver, au vu du fléau constitué par ce dérivé abominable de cet autre produit non moins abominable, qu’est le pétrole !

En passant par la Lorraine, j’ignore qui se cache derrière cette association, dont sont partenaires « La Société Générale« , « La wilaya de la région de Marrakech Tansift-Haouz« , « Le Conseil municipal de la ville de Marrakech », « Radio Plus » et « le service de l’environnement de la région de Marrakech Tansift-Haouz« .

Vous, je ne sais pas, mais moi, chaque fois que je vois s’impliquer ce genre d’organismes institutionnels, dans une campagne ou quand celle-ci est déclarée sous le patronnage de « Sidi Ara-tchouf » ou « Lalla Ghasli idik »  (Dixit Mi Lalla !), je me dis qu’il y a des petits malins qui ont flairé du jus à se faire et cherchent une courte échelle pour aller tutoyer les « hauts lieux », s’inviter à une génuflexion ou une bey3a et baiser des paluches, des fois que………..

A moins qu’une idée diabolique n’ait encore germé dans l’esprit de quelque pistonné de service de s’adjuger le monopole des sacs en papier à fourguer aux supermarchés de « notre ami » !?

Mais à moins que l’un d’entre  vous ne lève un lièvre ou ait un scoop à faire valoir à propos de cette association et ses buts véritables, le propos est ailleurs. Et puis on ne va pas non plus, se faire plus mauvaise langue que d’habitude, d’autant que par ces temps de lutte contre la dictature, le comique de cette aventure humaine n’est pas malvenu.

Ah le sac plastique ! Tout un symbôle ! J’ai de la peine à imaginer nos campagnes,  sans ces organes synthétiques voltigeant au gré des vents et parsemant les champs,  au point de se confondre avec une espèce de cucubirtacée endémique à notre pays .

Le plastique a, à ce point envahi notre belle planète qu’il s’est constitué, paraît-il, au milieu de l’océan pacifique un véritable continent fait de ce matériau indestructible.

Véritable fourre-tout, il s’accommode de toute situation, si vous l’avez remarqué. Il va tout aussi bien au bleu de chauffe, lorsqu’il sert de musette au sandwiche à la sévillane et au soda, qu’au tailleur et talons aiguilles, lorsque Madame se coltine les « Khoubz » que Monsieur a oubliés en rentrant du bureau.

Une catégorie de nos compatriotes s’arrange tout particulièrement de la profusion de ce genre de contenants, ce sont les corrompus, les tricheurs,  les malfrats et les trafiquants de toute sorte, sans oublier les fonctionnaires ripoux, réputés pour ne traiter avec leurs partenaires,  les corrupteurs,  les clients et les dealers que par « khencha dial lmika ». Point de banque, de chèque, ni d’effets. Rien que du cash dans un sac de plastique. Autant dire que l’éradication du plastique va en gêner plus d’un dans le plus beau pays du monde. Alors d’ici que les gars de « Mawarid » se fassent rentrer dans le lard,  pour avoir voulu empêcher certains malfaiteurs de malfaire en rond, il n’y a qu’un pas !

Ici, je marque un temps d’arrêt, pour ouvrir une parenthèse:

Je suis reçu par un banquier à Rabat, pour ouvrir un compte, il y a quelques mois. On discute, plaisante, sympathise. Il me commande un café au bistrot d’en face, à la bonne franquette, pendant que je remplis les formulaires « Ad Hoc ». Soudain, je le vois se pencher et manipuler  deux gros sacs de plastique noir,  infâmes. Ils sont repoussants de saleté ! A l’interpellation de mon regard, le plus tranquillement du monde, notre ami exhibe le contenu bourré de liasses de dirhams usagés.  Il s’eclaircit la gorge et m’explique qu’il s’agit-là d’argent sale, qu’un client lui a apporté en début d’après-midi, afin qu’il le transforme en chiffres noirs sur son compte.

Le banquier qui me connaît depuis cinq minutes et deux gorgées de café noir, me tutoie déjà et me rend compte de la situation en ces termes !

– » Te rends-tu  compte que depuis le décès de l’Hassan tani, Allah Irahmou,  l’argent de la zetla et les kiffards , 3amou 3lina bezbel dial lahchich !  Et moi je dois m’amuser à compter tout cet argent , dont le propriétaire ignore jusqu’au montant !  »

première morale de l’histoire,  le plastique a de beaux jours devant lui, et toutes gesticulations ne seraient que le fruit d’un parfait opportunisme à la sauce makhzénienne.

La deuxième morale est en forme de conseil impératif:  lavez-vous les mains au savon après avoir serré celle de votre banquier !

http://www.editionsmontparnasse.fr/p1381/Plastic-Planet-DVD?v=qqx1tU#video-tab

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