Maroc, la Mafia pantagruélique

Dans le premier des considérants, qui la fonde,  la charte universelle des droits de l’homme stipule que « la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables, constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde. »

Dès son préambule donc et en quelque mots, la charte en question, met en lumière l’un des piliers fondateurs de toute société humaine. C’est en reconnaissant à son alter ego, la même dignité que l’on revendique pour soi-même, que l’on bâtit des sociétés justes et démocratiques.

A contrario, c’est en refusant à leurs populations toute dignité, que l’on ouvre la voie au despotisme et son cortège d’injustices, légitimant dès lors, comme le souligne le troisième considérant de la charte précitée que l’homme soit « contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l’oppression. »

Le budget de l’indignité

« Dignité pour tous ! »,  fut la revendication maîtresse du Mouvement du vingt février. Elle signifiait et signifie encore, égalité de traitement pour les puissants comme pour les plus faibles.  A bientôt trois ans du fameux soulèvement populaire, je réalise combien nous sommes encore éloignés de toute dignité et combien l’épure de la nouvelle constitution est conforme à l’esquisse que nous dénoncions: scélérate, parce que nourrissant dans chacun de ses articles,  le dessein perfide, de reconduire à l’identique, sinon d’amplifier les errements et les injustices du passé. Ce qui était supposé rendre le Maroc meilleur, s’est révélé pure escroquerie. Un énième bonneteau encore plus indigne que le dernier des tours de passe-passe, entrepris au détriment du peuple marocain.

Et d’imaginer notre pays siégeant au Conseil des droits de l’homme de l’ONU, aux côtés de l’Algérie, de l’Arabie saoudite, de la Chine, de Cuba ou encore  de la Russie,  ne prêche pas pour l’optimiste, mais fait plutôt craindre que cette élection ne soit perçue comme un encouragement malheureux à cette inclination particulière de la dictature marocaine et ses servants pour la dignité à géométrie variable.

Pour se convaincre de tout cela, il fallait se trouver à la commission des finances du parlement marocain de ce matin du 11 novembre 2013, au cours de laquelle il s’agissait d’examiner le projet de budget du palais royal.

Une séance pour la forme. Clairsemée et expéditive, qui raconte l’histoire indigne de douze députés qui, en moins de dix minutes et sans coup férir, ont augmenté le budget d’un seul homme de huit millions six cent soixante-dix-huit mille (8.678.000) dirhams (774.455 Euros), pour mettre à sa disposition,  deux milliards cinq cent quatre-vingt-cinq millions quatre cent quarante-sept mille (2.585.447.000) dirhams (230.734.295 Euros), quand des départements ministériels aussi sensibles que la santé publique, l’éducation nationale, la jeunesse et les sports ou encore la culture doivent passer par le chat de l’aiguille, pour faire passer des budgets au demeurant dérisoires, au vu l’ampleur de la tâche qui leur incombe.

Une boulimie soudaine et pantagruélique

Si l’énormité du budget ou plutôt du butin en question, met à rude épreuve le mythe du « Roi des pauvres », soigneusement entretenu par  un entourage royal véreux,  la disproportion de traitement entre le palais et les autres départements, expliquent, en grande partie,  le train de vie surréaliste de la monarchie marocaine,  l’enrichissement exponentiel du roi et de sa famille, et la place qui est celle  de notre pays, à la traîne de tous les indices mondiaux du développement.

Et c’est précisément parce que le diable se cache dans les détails que l’opacité, l’omerta et un halo de mystère enveloppent un peu plus, d’une loi de finance à l’autre, les dépenses du palais, comme son budget de fonctionnement qui équivaut à celui de quatre ministères réunis : les transports et l’équipement, la jeunesse et les sports, la culture et enfin l’habitat et l’urbanisme. Une ligne de crédit pharaonique, aux desseins machiavéliques parce qu’elle finance la transhumance royale, incessante, coûteuse et inutile et dont le seul but est d’entretenir un mythe éhonté, celui du roi qui travaille.  Un marketing indigne, financé par les deniers du peuple.

 D’autres détails trahissent encore le peu de scrupules que manifeste Mohammed VI à puiser sans compter dans les deniers publics, comme cette ligne pompeusement surnommée « Dotations de souveraineté ». Rien moins qu’une caisse noire, mise à disposition du roi qui représentera cette année cinq cent dix-sept millions cent soixante-quatre mille (517.164.000) dirhams  (46.153.517 Euros) que l’intéressé s’acharnera sans aucun doute  à consommer, comme de coutume, en totalité, sans que personne ne vienne jamais s’enquérir de la façon dont les fonds ont été épuisés. Une rubrique à la source des moyens dont se sert la monarchie pour s’acheter les consciences  Urbi et Orbi.

 

 Misère des écoliers de l’Atlas marocain

 

Et que dire de ces frais de bouche qui engloutissent deux pour cent (2%) du budget de l’Etat après avoir fait l’objet d’une brutale augmentation de plus de cinquante-cinq pour cent (55%),  en 2001.  A croire que la disparition de Hassan II et l’accession au trône de Mohammed VI, aurait déclenché chez ce dernier, une fringale soudaine, confinant à une boulimie pantagruélique.

 L’arène de la lâcheté

Une fois n’est pas coutume, une voix bien timide, celle du député du PJD, Abdelaziz Aftati, du PJD s’est élevée pour réclamer que des administrateurs viennent s’expliquer sur le montant de l’enveloppe pharaonique que le palais projetait de s’adjuger. Peine perdue, car comme ces vieux singes à qui l’on n’apprend plus à grimacer, nos parlementaires ont passé outre, ayant appris à discerner chez leurs pairs, leurs gesticulations pour la galerie. De simples faire-valoir qui font la façade démocratique du régime marocain.

Abdelaziz Aftati ne démissionnera donc pas de sa députation. Le terme démission ayant été banni du vocabulaire de nos hommes politiques. Le terme courage aussi, la scène  politique marocaine ressemblant de plus en plus à une arène de la lâcheté.

Répression contre les diplômés chômeurs

 

Alors de tous ces chiffres astronomiques, je préfère n’en retenir qu’un seul : deux cents. C’est le nombre de postes budgétaires que nos parlementaires d’un autre âge ont octroyé au Palais royal  pour l’année 2014, alors que la crise bat son plein et que tous les ministères en sont à contracter leurs effectifs et manquent cruellement de moyens. Deux cents postes, pour quatre cent dix millions deux cent mille (410.200.000) dirhams (36.628.270 Euros), qu’on refuse cruellement  à ces centaines de diplômés chômeurs qu’on bat comme plâtre, parce qu’ils manifestent pour leur droit à la dignité, dans le travail.

Deux cent postes et des millions de dirhams qui manqueront cruellement dans l’Atlas, où l’on continuera, sans doute de mourir de froid, d’inanition, d’enclavement et de misère, lorsque l’hiver sera venu.

Deux cents raisons de conclure enfin, que le régime politique marocain s’est structuré, pour se mettre au service d’un seul homme, empruntant aux plus sinistres mafias, leurs coups de mains, leurs brutalités, leur collecte de fonds, leur loi du silence, au point qu’il n’a désormais plus rien à leur envier.

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3 commentaires pour Maroc, la Mafia pantagruélique

  1. Le pédagogue dit :

    Le pédagogue :

    Le régime de l’imposture, du pillage et des crimes, continue de répandre la puanteur de la corruption (alfaçaade).
    La mascarade dite « politique » permet aux pourris de tous bords de s’adonner, à la danse lascive, en rêvant de faire partie du « harem » du régime de l’imposture, ne serait –ce que pour un court instant.
    Bien sûr, il y a la phraséologie trompeuse qui a fait, qui continue de faire et qui fera des victimes sans nombre, dans tous les domaines, mais cela n’empêche pas, n’a pas empêché et n’empêchera pas les pourris de continuer à faire « chchiikha » (de l’arabe ″achchaykha″ (chchiikha) au singulier, féminin de ″achchaykh″ (chchiikh), qui veut dire personne âgée, mais désigne, dans l’usage courant, un chef de clan ou de tribu.
    Pour le régime de l’imposture, le mot au masculin désigne un indicateur chargé de tenir informé le représentant du ″ministère de l’intérieur″, le caïd (alqaaid) des faits et gestes des populations sous sa surveillance et s’applique aussi au chef d’une troupe de chiikhaate (pluriel de putes).
    ″Chchiikha″, en effet, désigne la pute participant par des danses lascives et des chants vulgaires, à entretenir la débauche en de multiples occasions).
    Il arrive que « chchiikha » soit autorisées à ouvrir sa maison close (le ″jeu de mots″ n’en est pas un).
    « Harem » et « maison close » restent, bien entendu, sous l’œil du proxénète en chef, le système colonialo-impérialo-sioniste, qui veille à ce que la turpitude (alfahchaa-e) s’étende et n’épargne aucun des « états » dits « musulmans ».
    Ce proxénète en chef se charge par ailleurs d’entretenir le discours sur ce qu’il appelle « l’islam de tolérance », qu’il assimile aux maisons du même nom.

  2. Web Argent dit :

    Impensable, je ne connaissait pas ce site, vous voila bookmarker !

  3. Argent Du Net dit :

    J avoue qu il y a un bail que je n avais pas trouve une lecture de cette trempe !!!

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