« Où sont passées nos richesses ? »

31072014

Mohammed VI lors du discours du trône, le 31 juillet 2014

Ecrit par Fouad Wajani

Interprété par Salah Elayoubi

saidwajani

C’est connu, les grands criminels reviennent toujours sur les lieux de leurs forfaits. Non par empathie ou par compassion envers leurs victimes, mais simplement pour se confectionner un alibi éventuel ou anticiper leur défense, lorsque sonnera l’heure de s’expliquer.

Voilà six cents ans que le pays est mis sous coupe réglée, soumis à tous les pillages, dans la plus totale impunité, et c’est l’un des responsables du gâchis, qui s’interroge cyniquement sur la disparition de nos richesses.  Au paradis des corrompus qu’est devenu le Maroc, on croirait entendre un « Vingt-fébrériste » ou un chômeur, manifestant, aux cris de « Où sont passées nos richesses ? ».

Après avoir tout confisqué entre richesses et pouvoir, « notre ami »  semble, à présent,  lorgner, sur  le titre de Premier Activiste, pour damer le pion aux véritables militants. A moins qu’il n’ait été frappé d’une soudaine amnésie ?  A l’écouter se fendre de son piètre discours, on imagine le loup, affublé de la peau de l’agneau qu’il vient de dévorer et faisant mine de se lancer, avec le reste du troupeau, à la recherche de la victime.

« Où sont passées nos richesses ? »,  fait mine de s’insurger celui qui a fait du Maroc le siège de ses multinationales, ses banques, ses assurances et ses centres commerciaux.

« Où sont passées nos richesses ? »,  fait mine de s’indigner la septième fortune du monde, qui n’hésite pas, après avoir fait main basse sur les richesses terrestres, maritimes et aériennes, à entretenir ses serviteurs, ses palais et ses déplacements, des deniers du peuple.

« Où sont passées nos richesses ? »,  fait mine de s’offusquer,  celui qui, à force de pillage, pousse les meilleurs d’entre nous, à s’exiler, à la recherche d’une vie meilleure et fait rêver des millions d’autres d’en faire autant.

« Où sont passées nos richesses ? ».  La réponse est à ce point dans la question, qu’elle en devient insultante pour l’intelligence. Elle est dans les comptes bancaires, les projets, les constructions, les palais, les célébrations et la cour obséquieuse et pléthorique de « notre ami ».

« Où sont passées nos richesses ? », nul besoin de calculs savants, ni de démonstration. La réponse est à la portée du dernier des élèves du primaire.

Les laudateurs auront beau chanter les louanges de tes milliards ou vanter ton prétendu sens des affaires, sache qu’aucune fortune n’apaisera jamais la conscience de qui détrousse son peuple. Avec le temps, tes craintes iront crescendo, avec la fortune illégale que tu te confectionnes à force de pillage. Tu auras beau décorer les uns,  terroriser les autres, acheter certains en tuer d’autres, tu devras te résoudre, au final,  à rendre des comptes. Alors, toutes tes réjouissances, tes commémorations, tes applaudissements et ce tintamarre disparaîtront avec toi. Et la fortune et les courtisans repartiront, comme ils sont venus.

 

Voilà pour la médiocrité de ton personnage. Pour le reste, sans vouloir t’accabler,  je te laisse le soin de méditer la réponse éclairée de Sénèque. A charge pour toi de situer dans quelle catégorie tu crois devoir  te ranger :

– « La richesse n’a pas les bras longs;  elle ne s’empare que de celui qui s’attache à elle. Elle est l’esclave du sage et la maîtresse du fou »

 

Texte original ici :

http://yennayri.com/news.php?extend.1745

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2 commentaires pour « Où sont passées nos richesses ? »

  1. Le pédagogue dit :

    Le pédagogue :

    Le régime dit « politique » au Maroc ne cesse de« défrayer la chronique » comme dirait l’autre, par les pillages les plus éhontés, les accumulations des richesses les plus inimaginables, la corruption généralisée, les crimes, les violations des droits les plus élémentaires et autres.
    Comme d’autres « États » dits « musulmans », mais que l’Islaam dénonce, rejette, condamne et combat, ce régime de la tyrannie est fondé sur la trahison, la tromperie, la corruption, l’injustice, la perversion, la débauche, le mensonge, le pillage, l’oppression, l’exploitation, le viol, la torture, l’enfermement, la négation de l’être humain.
    Comme eux, il participe à l’imposture.
    C’est un régime de l’oppression et de la terreur.
    Un régime de l’injustice, du vice, de l’abîme et du chaos.
    Un régime de la débauche et de la turpitude.
    Un régime d’une arrogance et d’une cupidité indescriptibles.
    Un régime de tous les trafics.
    Un régime qui monte les coups les plus inimaginables.
    Un régime qui pratique les manipulations les plus incroyables.
    Un régime qui recourt aux mensonges les plus éhontés.
    Un régime qui, tel un virus, contamine diverses couches des populations et leur transmet les germes de la pourriture, de la putréfaction et de la puanteur.
    Lorsque ce régime craint une sanction de son employeur, c’est-à-dire du système colonialo-impérialo-sioniste ─ qui parfois fait semblant de « désapprouver » ce que lui-même apprécie chez ses employés ─ il fait appel à la cynique « technique » du « roi sain » et de « l’entourage malsain », afin que le premier ne soit critiqué.
    Autrement dit, « le roi sain » n’a rien à voir avec les horreurs qui sont commises « à l’insu de son plein gré ».
    Et « alfaçaade » continue.

  2. Almouhssine dit :

    La médiocrité du personnage est dans ce cas affligeante.

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