Réglement de comptes à Clermont-Ferrand

Les imposteurs ne dissertent jamais que sur l’inutile et le superfétatoire. Ca ne mange pas de pain, ça noie le poisson et ça donne un  minimum de contenance. C’est dans cette position délicate,  que s’est retrouvé Driss El Yazami, lors de cette mémorable joute Oratoire du 18 août 2011,  au gymnase Fleury de Clermont-Ferrand, et qui l’a opposé à Zineb El Rhazoui, membre du mouvement du 20 février et co-fondatrice du Mouvement MALI.

Son analyse de la révolution arabe, nous a valu,  en vrac,  le Baby-boom arabe corollaire du chômage,  la visibilité des femmes, le  naufrage du système éducatif arabe, l’émergence de l’individu comme acteur et la prégnance de l’Etat-Nation. Après son soporifique état des lieux, dans une diction à la limite du supportable et  loin de se décourager, face au  silence réprobateur de la salle, il a tenté d’ expliquer à une assistance médusée, les raisons qui l’auraient, lui,  le réformateur,  poussé à s’investir dans le printemps marocain dont pour un peu, notre homme en revendiquerait la paternité !

Selon lui, ce sont les particularités du Maroc qui l’auraient séduit:

–          Une monarchie vieille de plus de quatorze siècles, installée sur des frontières inchangées et qui a échappé à  l’occupation ottomane,

–          Une diversité et un pluralisme  ethno-culturels, malgré un Etat central fort.

–          Une réforme du pouvoir, entamée  bien avant le printemps arabe.

–          L’adoption du code de la famille en 2004.

–          La constitution de l’instance équité et réconciliation, destinée à éviter la répétition des violations des droits de l’homme.

–          La mise en place de l’Instance de lutte contre la corruption

–          Le conseil de la concurrence.

–          Le  mouvement du 20 février accélérateur essentiel du processus de réforme

–          La mise en place de la nouvelle constitution.

En paraphrasant de la sorte, le discours officiel, Driss El Yazami a-t-il seulement conscience qu’il en devient de facto, le  thuriféraire, perdant du même coup, toute légitimité du réformateur, qu’il prétend être ? Sait-il seulement qu’en  épousant, jusqu’à l’absurde,  les thèses du régime,  autant que l’argumentaire de ses campagnes de marketing, il passe  de la posture du défenseur des droits de l’homme, à celle du suppôt inconditionnel d’une monarchie, qui n’a de positif, à son bilan,  que le portefeuille que la famille royale et ses complices se sont constitués, en un demi-siècle de prédation, de confiscation et de crimes en tous genres. Comme le serpent qui vient de gober l’œuf et se trouve emprunté,  au moment où il doit en restituer la coquille, il  sait, sans doute,  qu’un retour en arrière, lui est désormais interdit et que la seule attitude qu’il lui reste à adopter, est la fuite en avant. Collaborer avec les ennemis de la démocratie, n’a, en effet,  jamais mené leurs auteurs, ailleurs, que sur les chemins de la compromission et de la perdition ?

Quand Zineb  prend la parole, elle trépigne et ronge son frein, déjà depuis plusieurs minutes. Sa  réplique est cinglante. Elle fulmine et culmine sa colère. Elle livre une toute autre version du Maroc. Celle que le régime tait à la communauté internationale. En se présentant,  elle évoque le chômage où l’a plongée  la fermeture ourdie de son journal, raconte la condamnation ubuesque de Ali Amar, pour le vol d’un ordinateur lui appartenant et sa propre inculpation pour prostitution. On l’aura compris, un règlement de comptes du régime envers le premier, pour publication de son livre sur le roi du Maroc et envers la seconde, pour sa nuque de révolutionnaire, un peu trop raide, au goût des partisans de l’absolutisme. Elle détaille tout et n’épargne rien des crimes de la monarchie, jusqu’aux plus  sordides, quand elle évoque Mohamed Binyam, ce britannique d’origine musulmane, dont le pénis a été tailladé par ses bourreaux, dans le bagne secret de la Direction de la Surveillance du Territoire (DST) à Témara, dont le régime persiste à nier  jusqu’à l’existence.

Driss El yazami est détruit. Il se tasse un peu plus sur sa chaise, s’arrondit littéralement, s’effondre et se répand sur la table, sans laquelle il chuterait de son siège. Au bord de l’asphyxie, Il cherche un bol d’oxygène qui pourrait venir de ses compagnons d’estrade, les questionne du regard, y quémande des réponses qui ne viennent pas, cherche du secours auprès du public, mais celui-ci gronde de réprobation.

La sincérité de Zineb est sans faille. Elle est perceptible dans cette colère du juste devant l’injustice. Tout son être n’est plus qu’indignation. Telle Marianne sur la barricade, elle sait qu’elle parle pour l’histoire. Elle poursuit sa charge ulcérée de voir, dit-elle, s’exprimer, dans une tribune consacrée au printemps arabe, un conseiller du roi qui a escamoté le véritable débat par des généralités. On le serait à moins ! La salle applaudit à tout rompre !

El yazami est au bord du malaise. On l’entendrait presque gémir et en appeler à sa mère, à son dieu, ou à ses saints. Il murmure, se lamente, soliloque, regrette d’être venu se jeter dans cette gueule de loup béante qui le mastique, le déchiquette et le déchire. Il se prend le visage d’une main, boit une gorgée d’eau, triture le micro, se cure le nez du pouce et de l’index et envoie valdinguer ses boulettes de crotte sur l’estrade, sans se rendre compte que tous les regards de la salle, sont braqués sur lui. Il jette un regard à sa voisine, ricane péniblement et  tente pitoyablement de la rassurer,  en lui promettant de répondre à cette interpellation. Son teint bileux, son visage exsangue et sa bouche sèche,  reflètent son profond désarroi.

Zineb poursuit de plus belle et pointe son aide-mémoire en guise d’index accusateur,  en évoquant les treize immolations par le feu, les tabassages des manifestants pacifiques et la mort de Kamal Ammari.  Sur la « Moudawana » qui continue de nier aux femmes leurs droits les plus élémentaires, elle a cette formule qui fait chavirer l’assistance de bonheur :

– « j’hérite la moitié de ce que vous héritez, vous, en tant qu’homme alors que je paie mon café au même prix !»

Sur l’Instance Equité et Réconciliation (IER), elle parle des recommandations jamais suivies d’effet. Sur l’Instance de Lutte contre la Corruption, elle rappelle qu’elle n’aura épargné ni à Transparency, l’interdiction de remettre son prix  au Maroc, ni à Chakib El Khyari une condamnation de trois ans d’emprisonnement, pour avoir précisément dénoncé la corruption. A chaque salve de la militante, répond un tonnerre d’applaudissements et d’encouragements, pouces ou poings levés !

Le roi, septième tête couronnée la plus riche du monde et soixante pour cent de la capitalisation marocaine,  n’échappe pas à sa vindicte lorsqu’elle raconte  l’ implication de ce dernier dans toutes les niches économiques : téléphonie, agro-alimentaire, assurances, immobilier, hôtellerie…….. Quelle différence entre Mohamed VI et Ben Ali ? A-t-on reçu un conseiller de Ben Ali pour parler de révolution ? Sermonne-t-elle ?

Elle rappelle enfin,  ce simulacre de constitution,  qui consacre l’Islam,  religion d’Etat et qui a été concocté dans les arcanes du palais,  en trois mois, par dix huit personnes, dénuées de toute légitimité, et non par une constituante, comme le demandait le peuple marocain qui n’a eu que dix jours pour se prononcer sur cette constitution votée à 99%,  score digne de la Corée du Nord

El yazami est sonné par un tel déluge. Il sait qu’il a perdu et la partie et la face. Pour lui adoucir un tant soit peu, la défaite, sa voisine lui accorde un droit de réponse, mais le cœur n’y est plus, même quand il proteste mollement, et tente lamentablement d’infantiliser ses semblables révoltés: « Lisez cette constitution ». Plus tard il s’essaiera à la formule avec son « vous n’avez pas la prétention de parler au nom de tous les marocains ! ». Piètre argument.

Ce n’est pas cette nuit-là qu’il dormira du sommeil du juste, ni qu’il savourera son passage, dans cette salle, où le baratin n’aura pas suffi.

Ce débat appartient, désormais, à l’histoire et rien ne vaut ces moments superbes que celle-ci nous offre, lorsque se croisent deux destins. Celui du démocrate, vent debout, en route vers la liberté, et celui des  imposteurs,  lorsque le ressac les emporte, vers les abysses insondables  de l’infamie.

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Salah Elayoubi: “The Moroccan regime seems unable to tolerate anything else but praise”

Salah Elayoubi,  former columnist for the news website Lakome.com (a newspaper censored by the Moroccan authorities for its editorial opposition to the Moroccan regime’s authoritarianism) makes public, via this interview, his views on the current state of journalism Morocco and that of human rights in general. On November 2, 2014, the world celebrated the second International Day of the End of Impunity for crimes against journalists, an event set in stone thanks to Resolution A/RES/68/163, adopted on Dec. 18 2013 by the General Assembly of the United Nations, at its sixty-eighth session. The safety of journalists and the issue of impunity are central to this Resolution to which Morocco was one of the first signatories. But with the dramatic increase in cases of violations against journalists in Morocco since the signing of this resolution, we wanted to understand why the Moroccan authorities so much enjoy maintaining contradictions concerning the critical issues related to democracy and good governancea situation that borders on schizophrenia for the country which will officially host the World Forum on Human Rights Nov. 27-30 in Marrakech while repression is in full swing against peaceful pro-democracy movements and organizations. 

freedom of press

Rida Benotmane: At its sixty-eighth session in 2013, the General Assembly adopted resolution A / RES / 68/163, which proclaimed November 2, International Day of the end of the impunity for crimes against journalists. The resolution urged Member States to take specific measures to combat the culture of impunity. Does the Moroccan government seem to you to have taken this resolution seriously — to protect journalists in its own territory?

Salah Elayoubi: Mohammed VI’s regime does not care. This is an authoritarian regime which, through systematic alignment with the positions of Western powers, such as France and the US, to name just a few, enjoy their unconditional support. As such, it cares very little about protecting journalists who are not under its influence or who criticize its practices. And when denunciations start pouring in, as in the case of Ali Anouzla it steers away from them instinctively, “forgetting,” as if by magic, the judicial prosecution the government itself had initiated. The case of Spanish journalist Ignacio Cembrero is indicative of how unimportant Morocco considers freedom of the press, even when it comes to foreign press, if ever it dares to denounce their abuses. The regime even gave proof of a cynicism unmatched by any other, by hosting in Marrakech from Nov. 27-30, 2014, a global forum of human rights, at the very moment that Morocco has been denounced by almost all important international organizations. The feeling of impunity is so strong in the security forces, that they don’t even feel the need to go after these organizations, like when Amnesty International was banned from holding its youth camp that was planned for September in Bouznika. I am not even speaking about the Moroccan Association for Human Rights (AMDH) which was targeted by more than thirty bans lately.

R.B. According to you, does the Moroccan state condemn, as it should, crimes against journalists and media workers?

S.E. The answer is to be found in the very question itself! We are still waiting to get the sequel, from the Moroccan judiciary, to the complaint filed by Ahmed Benseddik, following death threats against him. Every day, the newspapers and electronic publications report insults, defamation or thinly-veiled threats against other journalists and activists, without ever considering it appropriate to carry out an investigation or pursue the perpetrators of these crimes. We also remember that any individual wielding an ax or any other, carrying an automatic, in front of a camera, and uttering the worst threats against members of the Feb. 20th Movement is treated with complete impunity.

R.B. What would you view as urgent measures that the Moroccan government must adopt in order to prevent crimes against journalists?

S.E. There is nothing else to undertake except for enforcing the law, otherwise we would going into a kind of state of emergency. The Moroccan penal code is sufficiently elaborated to deter potential aggressors and protect journalists, just as it is supposed to do for other Moroccan citizens. But the authorities must absolutely be willing to enforce the law.

R.B. Do you think the current State justice can play an effective role when crimes against journalists are actually committed by State officials?

S.E. It’s all about democracy. If we had one, every person who felt wronged or a victim of illegalities committed by an official in the exercise of his functions, would be able to bring that case to court in order to assert his rights. But everyone knows that officials act on the orders of their superiors, under the umbrella of the well-known impunity, when it comes to attacking independent journalists.

R.B. What forms of interference or pressure are you acquainted with that prevent a Moroccan journalist from carrying out his professional obligations independently?

S.E. The range is quite large. It goes all the way from verbal intimidation to imprisonment, not without taking into account the huge fines, seizure of censored newspaper issues, tax penalties, wiretapping, pressure on the families, police summonses, administrative hassles, threats from the authorities. Even divorce cases can become an instrument of pressure in the hands of those who wield power.

R.B. Does a partnership between civil society and the media in Morocco seem appropriate in order to provide a sufficiently effective opposition to the currently dominant culture of impunity?

S.E. What do you mean by civil society? In the sense that it is generally understood, the term refers to a minimum of political consciousness and national consensus. There is none, or very little, in Morocco. Look at the relative indifference of the population in regard to the convictions against our brightest and most iconic journalists. Even the outcry that followed the arrest of Ali Anouzla was an epi-phenomenon. Several thousand protesters in the streets of our cities do not constitute a civil society. Remember the beating of Ali Lmrabet, right in the middle of downtown Tetouan by rogue police officers who, as a plus, brutalized Lmrabet in plain sight of everyone there. A society that leaves one of its journalists imprisoned and sentenced to a ten-year ban from his profession as a journalist, without even reacting, does not deserve the adjective civil. It takes a minimum of cohesion and honor, and patriotism, to be a civil society. Long ago the Makhzen [Morocco’s power élite] nipped all this in the bud by ripping the guts out of public education, by corruption, by buying off consciences or by sheer terror. If there were a civil society, Ahmed Benseddik, that brilliant graduate of the finest schools, obliged to transform himself into a journalist, would not be living in a 120 square foot studio apartment in the most unbearable loneliness, and where a coma nearly took him away from us for good.

R.B. Can you recall any of these egregious crimes committed against journalists and that went unpunished in Morocco?

S.E. For God’s sake, any attack on freedom of expression is a crime. There are different ways to attack journalists. Mussolini imprisoned the most vociferous among them and had them tied up in a public square, after being forced to swallow castor oil. It was a public humiliation intended to prevent them from continuing in their profession. It was in a public square that he loved so much, that Il Duce paid for his crimes, in the most horrible way, lynched by the crowd, his body desecrated. The Moroccan regime has experimented, ever since Mohammed VI came to power, with other, gentler methods, but which proved equally devastating in suffocating financially independent journalists and casting them into misery, with all sorts of schemes and legal shams. This was outright criminal behavior from which Abubakr Jamai and Ali Amar, did not ever fully recover. “Without the freedom to criticize, there can scarcely be any flattering praise, “ Beaumarchais declared. The Moroccan regime seems unable to tolerate anything else but praise. What intellectual poverty! What journalistic indigence!

R.B. How do you assess the current state of legislation to protect journalists in Morocco? Does it seem to you that the protection of journalists is the same depending on whether that activity is the Western Sahara, in Ceuta and Melilla or in other areas?

S.E. I do not know what is meant by “protective legislation” if not really an over-arching hypocrisy. Journalism in Morocco has always been a dangerous profession well, if you decided to take the opposite stance from the official line. And since you mention the Sahara issue and the two occupied territories, you might take note of the double standards maintained by the regime on these two issues. Against Spain, part of the southern flank of NATO, Morocco does not do much of anything serious, while it uses all its know-how and the brutality of its security forces against the civilian population in Western Sahara and saturates our people’s minds with lies about the alleged recognition of a “Moroccanized” Sahara advanced by the international community. No Moroccan journalist would dare tackle head on this official State lie, nor would they mention the obvious guilt of Hassan II and Mohammed VI after him, for having turned this issue into an off-limits preserve of the Palace and putting it into the hands of mediocre diplomats, who were cheats, incompetent, corrupt and corrupting, if one believes the communications hacked online by Chris Coleman. If Morocco were a democracy, those responsible for this mess would have been brought to justice.

R.B. Do you think that civil society, other than that directly affected by the problems of the press, might be interested in joining the fight against impunity?

S.E. Absolutely not! We are in the zero degree of conscience. First, because we are, overwhelmingly, an illiterate people. What percentage of this population would be affected by the press? Stroll through one of our cities and see how many people are seated in a cafe, reading a newspaper. The figure is nearly zero. Indulge in the same exercise in a European country where free newspapers are readily available, and you’ll understand the difference. We read in the bus, in subway trains, in the doctor’s waiting room and in the bathroom. And if you do not read the actual newspaper, you consult it on your Smartphone. At the same time as it devalues public school education, the Moroccan regime put in place the most insidious of poisons, with Moroccan television broadcasting programs where State lies and ignorance vie for a prize in stupidity, all the while perpetuating the victimized citizenry’s addiction to superstition and mystification.

R.B. What personalities and organizations of civil society within Morocco do you think sufficiently interesting to raise public awareness to engage in this kind of combat?

S.E. The autistic tendency evidenced by the Moroccan regime obliges us to raise the level of discourse. This is what is happening lately with countless protests across the country. Contrary to the claims of supporters of this dictatorship, Morocco is filled with a multitude of women and men of quality. The February 20th Movement was its most striking demonstration before the division in the ranks took over. The future belongs to this kind of spontaneous movement that some con artists are trying to sell us under the heading of nihilism. This is the same movement that forced the king to break his silence, giving the speech that we all remember. And even if it was followed by a sham democratic constitution, the fact remains that Sunday, February 20, 2011, was a time of terror for tyranny. The case of the Spanish pedophile [DanielGate] was another victory. The Moroccan regime fears neither being seen as ridiculous nor mobilization if it does not happen en masse, to the point of dismissing its vey existence. We must now consider our next steps.

R.B. As a journalist, what would you think is the best way to promote this global event, celebrated annually on November 2 and what might be the means of making the case for this cause before the UN which implemented it?

S.E. Several ideas could be put into action, such as a call for a general strike, a day where nothing happens, or even an arm-band day, with a strong slogan like “My newspaper, my freedom” or “Hands off my press release,” would prove excellent means of denouncing the attacks on freedom of opinion, in general, and press freedom, in particular. But I am under no illusions about the result of just such initiatives, in bending the draconian will of the Moroccan regime!

R.B. How do you see the protection and safety of journalists in the interest of greater democracy and development in Morocco?

S.E. There is no democracy without freedom of the press. When a government prepares as draconian a code as the one that surfaced in August in the parliamentary pipe-line, it demonstrates that it is as far as possible from being motivated by democratic intentions. And moreover, when a deafening silence from civil society accompanies this plan, it is clear that the threat is indeed real. This code constitutes a dramatic takeover of press freedom granted by Articles 25 and 28 of the constitution, with this de facto extension of the sacredness of the entire power pyramid, of heads of foreign States and their senior civil servants. Why not their pets, for that matter! Once again, the Moroccan regime takes with one hand, the little it has acquiesced to give with the other. As justification for this new attack on freedom of expression, the government claims that it wants to help journalists avoid prison sentences. A review of the project undermines that assertion. The huge fines envisaged only have one goal, to transform into written formulae, that which Mohammed VI’s regime has attempted ever since he took the throne: to ruin journalists and stifle them financially so as to put them permanently in the position of no longer interfering, and with the added bonus of that sword of Damocles, which is the legal consequence for non-payment of fines. We’ve now reached the antipodes of democracy! I think we should start by forcefully denouncing this draft of a code before it’s imposed upon us one of these days, without warning!

R.B. How can the Moroccan public be made aware of the importance of putting an end to impunity for crimes against journalists?

S.E. You probably know this poem by Martin Niemöller:
 » When they came for the Communists, I said nothing, I was not a Communist.

When they came for the trade unionists, I said nothing. I was not a trade unionist

When they came for the Jews, I said nothing. I was not a Jew !

Then, they came for me. There were no one left to speak out for me »

Many Moroccans have settled into a kind of comfort that borders on cowardice and and allows them to observe the abuses of the regime and the violations of civil liberties from a safe distance, as long as they continue to believe, albeit wrongly, that all this does not concern them. One day, the security forces prey on Islamists, the next day on the leftists, the next day the on the Feb. 20th Movement activists, and so on. Remember, the manhunts organized by the police against the demonstrators who occupied the plaza in front of the parliament. The police attacked them, regardless of gender or age, even going after innocent bystanders and as far as the tables of clients seated on the terrace of Balima. Beatings of unheard-of violence, without those clients having even deigned to show the slightest objection. I even believe that some of them may have been given instructions to meet there and witness the carnage for themselves, live, the way others might go to the movies. Are they the ones whose consciousness you would like to raise?

R.B. How can the capacity of journalists to operate be reinforced through security and legal protection?

S.E. You mention journalists, as if it were a united corporation and acting in solidarity, but we exist in the exact opposite scenario. You see how many journalists have been imprisoned or harassed without it having raised the slightest emotion among their colleagues. Some did not hesitate to be generous with trumped up articles solely to bury their colleagues still deeper and defend the unthinkable. You talk of legal protection, but you would first have to have an independent judiciary and that journalists were protected from the vengeance of those in power, which is not the case in Morocco. If there were real justice, journalists would not need special protection. And if a truly independent judiciary existed in Morocco, we would know about it.

R.B. How can the role of journalists and civil society be strengthened in the fight against impunity in the Maghreb?

S.E. Journalism is supposed to be the conscience of rulers. In Morocco, the majority of journalists have chosen the camp of those who admire the regime, out of fear or gratitude to their benefactor, the powers that be. Those who chose independence have paid a high price: prison, exorbitant fines, forced exile, professional and financial ruin, bankruptcy … When we are confronted with such decay, we no longer think about strengthening anything else except our own physical security. The forces in power understood this. And they’re using it.

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Salah Elayoubi: « Le régime marocain ne semble plus rien tolérer d’autre que ses applaudisseurs ! »

Le 2 novembre 2014, le monde célébrait la deuxième journée internationale de la fin de l’impunité, pour les crimes commis contre les journalistes. Un événement gravé dans le marbre, grâce à la résolution A/RES/68/163, adoptée le 18 décembre 2013, par l’Assemblée générale des Nations-Unies, lors de sa soixante-huitième (68) session. La sécurité des journalistes et la question de l’impunité sont au centre de cette résolution dont le Maroc a été l’un des premiers signataires. Mais avec la multiplication des cas de violations commises contre les journalistes au Maroc depuis la signature de cette résolution, nous avons souhaité comprendre pourquoi les autorités marocaines aiment à entretenir les paradoxes sur des questions cruciales relevant de la démocratie et de la bonne gouvernance. Une situation qui confine à la schizophrénie pour le pays qui compte officiellement accueillir le Forum Mondial des Droits de l’Homme du 27 au 30 novembre prochain à Marrakech alors que la répression bat son plein contre des mouvements et organisations pacifiques pro-démocratie. Salah Elayoubi, ancien chroniqueur sur le site d’information Lakome.com (organe de presse censuré par les autorités marocaines pour sa ligne éditoriale opposée à l’autoritarisme du régime marocain) livre à travers cette interview,  son sentiment sur la situation actuelle du journalisme au Maroc et celle des droits de l’homme, en général.

Rida Benotmane

liberté de presse2

Rida Benotmane :  À sa soixante-huitième (68) session, en 2013, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté la résolution A/RES/68/163, qui a proclamé le 2 novembre,  Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre des journalistes. Cette résolution a exhorté les États membres à prendre des mesures précises, afin de combattre la culture de l’impunité. L’Etat marocain vous semble-t-il prendre au sérieux cette résolution pour défendre les journalistes sur son territoire ?

Salah Elayoubi : Le régime de Mohammed VI n’en a cure. C’est un régime autoritaire, qui, moyennant un alignement systématique sur les positions des puissances occidentales, comme la France et les USA, pour ne citer que ces ceux-là, bénéficie de leur appui inconditionnel. En tant que tel, il se soucie bien peu de protéger les journalistes qui échappent à son influence ou qui dénoncent ses pratiques. Et lorsqu’il se met à pleuvoir des dénonciations, comme dans l’affaire Ali Anouzla, il navigue à vue, en « oubliant », comme par enchantement, les poursuites pénales qu’il avait entamées. L’acharnement contre le journaliste espagnol Ignacio Cembrero  est révélateur du peu de cas que fait le Maroc de la liberté de presse, même lorsqu’il s’agit de la presse étrangère, si celle-ci s’aventure à dénoncer ses exactions. Le régime fait même preuve d’un cynisme à nul autre pareil, en organisant à  Marrakech  du 27 au 30 novembre 2014, un forum mondial des droits de l’homme, au moment même où il est dénoncé par quasiment tout ce que compte le monde d’organisations internationales. Le sentiment d’impunité est si fort chez les sécuritaires qu’ils n’hésitent même plus à s’en prendre à ces mêmes organisations, comme lorsque  Amnesty International, s’était vue interdire le camp de jeunes qu’elle comptait tenir en septembre, à Bouznika. Je ne parle même pas de l’Association Marocaine des Droits de l’Homme (AMDH) qui a fait l’objet de plus d’une trentaine d’interdictions ces derniers temps.

RB : Selon vous, l’Etat marocain condamne-t-il comme il se doit les crimes commis contre les journalistes et les travailleurs des médias ?

SE : La réponse est dans la question ! On attend toujours, la suite que la justice marocaine a cru devoir donner à la plainte déposée par Ahmed Benseddik, suite aux menaces de mort proférées à son encontre. Chaque jour des journaux ou parutions électroniques font état d’insultes, de diffamations ou de menaces à peine voilées à l’encontre d’autres journalistes ou militants d’associations, sans que la justice ne juge utile de diligenter une enquête ou d’inquiéter les auteurs de ces délits. On se souvient également de cet individu brandissant une hache ou cet autre, un automatique,  face caméra et proférant les pires menaces contre les Vingt-fébréristes, en toute impunité.

RB : Quelles seraient selon vous, les mesures urgentes à adopter par le gouvernement marocain, pour prévenir les crimes contre les journalistes ?

SE : Il n’y a rien d’autre à entreprendre qu’à faire appliquer la loi, sinon, nous entrerions dans une sorte d’état d’exception. Le code pénal marocain est suffisamment étoffé, pour dissuader les agresseurs éventuels et protéger les journalistes, tout comme il est supposé le faire pour les autres citoyens marocains. Mais il faut encore que les autorités soient disposées à appliquer la loi.

RB : Pensez-vous que la justice étatique actuelle peut jouer un rôle efficace lorsque les crimes contre les journalistes sont commis par des fonctionnaires de l’Etat ?

SE : Tout est affaire de démocratie. Si nous en étions une, chacun de ceux qui se sentirait victime d’une injustice ou d’un acte illégal, commis par un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions, pourrait attaquer ce dernier afin de faire valoir ses droits. Mais personne n’ignore que les fonctionnaires agissent sur ordre de leurs supérieurs, sous le parapluie de l’impunité que l’on sait, dès lors qu’il s’agit de s’en prendre aux journalistes indépendants.

RB : Quelles sont les formes d’ingérence ou de pression que vous connaissez et qui empêchent un journaliste marocain de mener à bien son activité professionnelle de manière indépendante ?

SE : L’éventail est plutôt large. Il va de l’intimidation verbale à l’emprisonnement, en passant par les amendes colossales, la saisie de numéros censurés, les redressements fiscaux, les écoutes téléphoniques, les pressions familiales, les convocations de police, les tracasseries administratives, les menaces des agents d’autorité. Même les affaires de divorce peuvent devenir un instrument de pression aux mains du pouvoir.

RB : Un partenariat entre la société civile et les médias au Maroc vous parait-il opportun pour constituer une opposition suffisamment efficace à la culture d’impunité actuellement dominante ?

SE : Qu’appelez-vous société civile ? Au sens où on l’entend généralement, ce terme désigne un minimum de conscience politique et de consensus national. Il n’y en a pas, ou si peu au Maroc. Regardez l’indifférence relative avec laquelle ont été accueillies les condamnations d’un certain nombre de nos plus brillants et nos plus emblématiques journalistes. Même la levée de boucliers qui a suivi l’arrestation d’Ali Anouzla fut un épiphénomène. Quelques milliers de protestataires dans les rues de nos villes, ne font pas une société civile. Souvenez-vous le passage à tabac de Ali Lmrabet, en plein-centre de Tétouan, par des policiers-voyous qui, en prime,  firent les poches, à ce dernier, au vu et au su de tout le monde. Une société qui laisse un de ses journalistes emprisonner et condamner à dix ans d’interdiction du métier sans réagir, ne mérite pas le qualificatif de civile. Il faut de la cohésion et un minimum d’honneur, et de patriotisme, pour faire une société civile. Il y a longtemps que le Makhzen a tué dans l’œuf tout cela, par la destruction de l’enseignement public, la corruption, l’achat des consciences ou la terreur. S’il existait une société civile, Ahmed Benseddik, ce si brillant centralien, converti dans le journalisme,  ne vivrait pas dans ce studio de douze (12) mètres carrés, où un accident vasculaire cérébral a failli l’emporter, dans la plus insupportable des solitudes.

RB : Vous vient-il à l’esprit des cas flagrants de crimes commis contre des journalistes et restés impunis au Maroc ?

SE : Mais toute atteinte aux libertés d’expression est un crime. Il y a différentes façons de s’en prendre aux journalistes. Benito Mussolini emprisonnait les plus véhéments d’entre eux et les faisait ligoter en place publique, après les avoir forcé à avaler de l’huile de ricin. Une humiliation publique censée les dissuader de continuer à exercer le métier. C’est en place publique qu’il affectionnait tant,  que le Duce paya ses crimes, de la plus horrible manière, lynché par la foule, son cadavre profané. Le régime marocain  expérimente depuis l’arrivée au pouvoir de Mohammed VI, d’autres méthodes plus douces, mais tout aussi dévastatrices, en asphyxiant financièrement les journalistes indépendants et en les précipitant dans la misère, par toutes sortes de stratagèmes et de simulacres judiciaires. Des comportements criminels, dont Aboubakr Jamaï et Ali Amar, ne s’en sont jamais totalement remis.

« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur. »  disait  Beaumarchais. Le régime marocain semble ne plus rien tolérer d’autres que ses applaudisseurs. Quelle misère intellectuelle ! Quelle indigence journalistique !

RB : Quelle appréciation portez-vous sur l’Etat actuel de la législation protectrice des journalistes au Maroc ? Vous semble-t-il que la protection des journalistes est similaire selon que l’activité est au Sahara occidental, à Sebta et Melilia ou dans d’autres régions ?

SE : Je ne vois pas ce qu’on entend par « législation protectrice », sinon une vaste hypocrisie. Le journalisme au Maroc a depuis toujours été un bien périlleux métier, s’il vous prenait l’envie d’un contrepied des thèses officielles. Et puisque vous évoquez la question du Sahara et celle des deux présides occupés, remarquez les deux poids deux mesures du régime sur ces deux dossiers. Face à l’Espagne, qui fait partie du flanc sud de l’Otan, le Maroc n’en mène pas large, alors qu’il déploie tout le savoir-faire et la brutalité de ses forces de sécurité, contre des populations civiles au Sahara occidental, et abreuve notre peuple de mensonges à propos de la prétendue reconnaissance de la marocanité du Sahara, par la communauté internationale. Aucun journaliste marocain n’oserait aborder frontalement la question de ce mensonge d’état, ni dire la forfaiture dont s’est rendu coupable Hassan II, puis Mohammed VI, faisant de ce dossier une chasse gardée du Palais et le confiant à des diplomates médiocres, tricheurs, incompétents, corrompus et corrupteurs, si l’on en croit les câbles piratés par Chris Coleman. Si le Maroc était une démocratie, les responsables de cette gabegie auraient été traduits en justice.

RB : Pensez-vous que la société civile autre que celle directement concernée par les problèmes liés à la presse puisse être intéressée à joindre ce combat contre l’impunité ?

SE : Absolument pas ! Nous sommes dans le degré zéro de toute conscience. D’abord parce que nous sommes dans notre grande majorité, un peuple analphabète. Quel pourcentage de la population est concerné par la presse ? Promenez-vous dans l’une de nos villes et observez combien de personnes attablés dans un café, lisent un journal. Le chiffre avoisine le zéro. Livrez-vous au même exercice, dans un pays européen où se sont généralisés les journaux gratuits, vous comprendrez la différence. On lit dans le bus, dans les rames de métro, dans la salle d’attente du médecin et jusque dans les toilettes. Et si on ne lit pas la presse papier, on la consulte sur son Smartphone. En même temps qu’il sinistrait l’école publique, le régime marocain mettait en place le pire des poisons, avec la télévision marocaine qui distille des programmes où le mensonge d’état et l’ignorance le disputent à la bêtise et perpétuent chez le petit peuple son accoutumance à la superstition et à la mystification.

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Scène ordinaire sur une terrasse de café marocain

RB : Quelles personnalités ou organisations de la société civile à l’intérieur du Maroc vous paraissent-elles intéressantes à mobiliser  pour ce type de combat ?

SE : L’autisme dont fait preuve le régime marocain nous force à hausser le ton. C’est ce qui est en train de se produire, ces derniers temps, avec un nombre incalculable de manifestations à travers le pays. Contrairement à ce que prétendent les tenants de la dictature, le Maroc est peuplé de tant de femmes et d’hommes de qualité. Le mouvement du vingt février en fut la plus éclatante démonstration, avant que les divisions n’aient raison de lui. L’avenir appartient à ce genre de mouvements spontanés que certains mystificateurs tentent de nous vendre pour du nihilisme.  C’est le même mouvement qui a forcé le roi à sortir de son silence et prononcer le discours que l’on sait. Et même si celui-ci fut suivi d’un simulacre de constitution démocratique, il n’en demeure pas moins que le dimanche 20 février 2011, fut un moment de terreur pour la tyrannie. L’affaire du pédophile espagnol fut une autre victoire. Le régime marocain ne craint ni le ridicule, ni la mobilisation si celle-ci ne se fait pas en masse, au point de mettre en équation son existence. Il nous faut désormais en tenir compte dans nos prochaines actions.

RB :  En tant que journaliste, quel aurait été selon vous, le meilleur moyen de promouvoir cette journée mondiale, célébrée le 2 novembre de chaque année et les moyens à mettre en œuvre pour plaider cette cause auprès des instances onusienne qui l’ont mis en œuvre ?

SE : Plusieurs idées pourraient être mises en œuvre, comme  un appel à la grève générale, une journée page blanche ou encore une journée brassard, avec un slogan fort comme « Mon journal, ma liberté » ou encore « Touche pas à ma presse », seraient d’excellents moyens de dénoncer les atteintes aux libertés d’opinion en général et à la liberté de presse en particulier. Mais je ne me fais pas d’illusion sur la suite qui serait donnée à de telles initiatives, pour infléchir la volonté liberticide du régime marocain !

RB : Comment envisagez-vous la protection et la sécurité des journalistes pour plus de démocratie et de développement au Maroc ?

SE : Il n’y a pas de démocratie, sans liberté de presse. Lorsqu’un gouvernement prépare un code liberticide comme celui qui se trouve depuis le mois d’août, dans le pipe-line du parlement, il apporte la preuve qu’il est loin d’être animé par des intentions démocratiques. Et lorsque de surcroît un silence assourdissant de la société civile accompagne ce projet, c’est  que la menace est bien réelle. Ce code constitue une sévère reprise en main de la liberté de presse consentie par les articles 25 et 28 de la Constitution, avec cette extension de facto de la sacralité à toute la pyramide du pouvoir, aux chefs d’Etats étrangers et à leurs grands commis. Pourquoi pas à leurs animaux domestiques, pendant qu’on y est !  Une nouvelle fois, le régime marocain reprend d’une main, le peu qu’il avait consenti de l’autre.  Comme justification de cette nouvelle atteinte à la liberté d’expression, le gouvernement prétend vouloir éviter aux journalistes la case prison. Un examen du projet met à mal cette affirmation. Les amendes colossales envisagées n’ont qu’un seul but, transformer dans les textes ce qu’a expérimenté le régime de Mohammed VI, depuis l’intronisation de ce dernier : ruiner les journalistes et les asphyxier financièrement, pour les mettre définitivement hors d’état de nuire,  avec, en prime, cette épée de Damoclès que constitue la contrainte par corps,  en cas de non-paiement des amendes. Nous sommes là aux antipodes de toute démocratie ! Je crois que nous devrions commencer par dénoncer avec force ce projet de code, avant qu’on ne nous l’impose un jour, sans crier gare !

RB : Comment sensibiliser le public marocain sur l’importance de mettre fin à l’impunité pour les crimes commis contre des journalistes ?

SE : Vous connaissez sans doute ce poème de Martin Niemöller:

« Quand ils sont venus chercher les communistes,

Je n’ai rien dit,

Je n’étais pas communiste.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,

Je n’ai rien dit,

Je n’étais pas syndicaliste.

Quand ils sont venus chercher les juifs,

Je n’ai pas protesté,

Je n’étais pas juif.

Quand ils sont venus chercher les catholiques,

Je n’ai pas protesté,

Je n’étais pas catholique.

Puis ils sont venus me chercher,

Il ne restait plus personne pour protester. « 

Beaucoup de marocains se sont installés dans une sorte de confort qui confine à la lâcheté et qui les autorise à observer de loin, les exactions du régime et les atteintes aux libertés, tant qu’ils continuent de penser, à tort, du reste, que tout cela ne les concerne pas. Un jour, les sécuritaires s’en prennent aux islamistes, le lendemain aux gauchistes, le surlendemain aux Vingt-fébréristes et ainsi de suite. Souvenez-vous, les chasses à l’homme organisées par les policiers contre les manifestants qui occupaient l’esplanade face au parlement. La police attaquait ces derniers, sans distinction de sexe, ni d’âge, s’en prenant aux journalistes, comme ce fut le cas de Omar Brouksy, venu couvrir une manifestation pour le compte de l’Agence France Presse (AFP). Même de simples passants n’y ont pas échappé, pourchassés jusqu’aux pieds des consommateurs attablés à la terrasse du Balima, sans que l’un de ces derniers  n’ait daigné esquisser la moindre protestation, ni tenter de protéger l’une des victimes. Je crois même savoir que certains s’étaient donnés rendez-vous là, pour assister en direct, au carnage, comme d’autres vont au cinéma. Sont-ce ceux-là que vous aimeriez sensibiliser ?

RB : Comment renforcer les capacités des journalistes dans le domaine de la sécurité et de la protection juridique ?

SE : Vous évoquez les journalistes, comme s’il s’agissait d’une corporation soudée et agissant avec solidarité, alors que nous sommes dans le scénario inverse. Voyez combien de journalistes  ont été emprisonnés ou harcelés sans soulever la moindre émotion, parmi leurs confrères. Certains n’ont pas hésité à se fendre d’articles indignes, pour enfoncer leurs collègues et défendre l’insupportable. Vous parlez de protection juridique, il faudrait d’abord qu’il y ait une justice indépendante et que les journalistes soient à l’abri de la vindicte du pouvoir ce qui n’est pas le cas au Maroc. S’il existait une réelle justice, les journalistes n’auraient pas besoin de protection particulière. Et s’il existait une justice indépendante au Maroc, cela se serait su.

RB : Comment renforcer le rôle des journalistes et de la société civile dans la lutte contre l’impunité au Maghreb ?

SE : Le journalisme est supposé être la conscience des gouvernants. Au Maroc, la majorité des  journalistes a choisi le camp des laudateurs du régime, par peur ou par reconnaissance envers leur bienfaiteur, le pouvoir. Ceux qui ont choisi l’indépendance l’ont payé au prix fort : prison, amendes colossales, exil forcé, misère professionnelle et financière, faillite personnelle……….Lorsqu’on en arrive à un tel état de délabrement, on ne pense plus à renforcer autre chose que sa propre sécurité matérielle. Le pouvoir l’a compris. Il en joue.

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Lettre ouverte à Mohammed VI, à propos du Sahara

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Ecrit par Hamza Mahfoud

Interprété par Salah Elayoubi

Sire,

Je m’adresse à vous, pour faire suite à votre discours du 6 novembre et vous exposer mon avis de citoyen, tiraillé par le doute et vous dire combien il est ardu de défendre la mère patrie, lorsque celle-ci est gouvernée par  l’autoritarisme, les atteintes aux droits de l’homme, les privilèges et la rente ?

« Halte aux surenchères sur le Maroc, et halte à l’instrumentalisation des droits et des libertés, pour comploter contre lui », disiez-vous, insinuant, que défendre les droits de l’homme et la liberté d’expression, serait assimilable à la trahison. Je pense qu’une appréciation différente sur la question du Sahara, relève plutôt de la liberté d’opinion, alors que le mélange des genres entre pouvoirs et affaires,  se rapproche bien plus du crime que vous évoquez.

Défendre les droits de nos semblables est un devoir citoyen, même s’il est le fait de ceux qui ne partagent pas nos opinions. A contrario, justifier les exactions et les atteintes aux droits de l’homme et en protéger les auteurs  est assurément un crime.

Affirmer que l’Algérie est une dictature est une vérité que nul ne vous contestera. Mais cela ne fait de sens que si vous vous décidiez à sauter le pas, pour vous joindre au club des démocrates tout en abandonnant le monde des affaires, avant que les indépendantistes sahraouis ne fassent, demain,  des émules, dans d’autres régions du pays.

Vous dites que le Sahara occidental coûte au Maroc sept dirhams investis, pour un dirham de ses recettes !  Que doivent en penser les habitants du Sud-est marocain qui survivent dans l’exclusion et dans la plus insupportable des misères ? Devraient-ils, à leur tour, revendiquer leur indépendance, pour que nous leur prêtions enfin attention ? Comment se convaincre de son appartenance à une nation qui vous refuse toute dignité et vous contraint à l’exil, au péril de votre vie.  Vous citez votre ancêtre, à propos des envieux. Pourquoi n’évoquez-vous pas plutôt cet autre Hadith : « Je m’étonne que ne brandisse le glaive, celui qui ne dispose de son pain quotidien ! ».

Dois-je comprendre de vos paroles qu’un ralliement des sahraouis à la patrie, signerait  la fin des investissements colossaux que vous évoquez, comme vous le faites des autres provinces du pays ?

Pardonnez toutes ces questions. Elles viennent en réponse à ce jeu hilarant que vous aviez initié, avec votre drôle de question, « Où sont les richesses du Maroc ? ». Nous avions répondu, dans un même élan, que leur grande majorité était passée dans vos poches, celles de votre famille et vos courtisans. Des richesses bâties grâce à la proximité avec le Palais. Nul ne nous avait alors, écoutés.

Sire,

De Washington à Paris en passant par New York et Bruxelles, nombreuses sont les bonnes volontés, des compatriotes, des amis du Maroc, cadres hautement qualifiés et décideurs pour beaucoup d’entre eux,  qui seraient disposées à défendre un projet cohérent, mais qui s’en abstiennent, face à l’ampleur de la tyrannie, des exactions et de la corruption qu’ils découvrent et qui les révulse. Alors, affirmer aussi péremptoire que vous le faites, que «  Le Maroc restera dans son Sahara jusqu’à la fin des temps » relève, si vous me le permettez, du sophisme pur ! Nul ne sait, en effet, si le Maroc existera dans une centaine d’années, car l’une des particularités de « l’injustice est de détruire toute civilisation », comme disait notre ancêtre commun, Ibn Khaldoun.

Tout comme il ne peut y avoir d’horizon commun, sans un minimum de justice.

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Hercule et le petit faiseur de pluie

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A l’extrême Nord-Ouest de l’Afrique, au pays des «Grottes d’Hercule» où réalité et mythologie s’entremêlent bien volontiers, c’est un misérable qui a joué, le 4 novembre 2014,  le treizième acte improbable des Travaux d’Hercule qu’on aurait pu intituler « Hercule et les Égouts d’Al Massira », cependant qu’un petit prince, agissant sur ordre, allait s’improviser, le vendredi suivant,  faiseur de pluie.

Au quartier « Al Massira », ainsi appelé en souvenir de la fameuse Marche verte, lancée en novembre 1975, par Hassan II,  pour récupérer le Sahara occidental, alors que la marche n’en finit plus de verdir et de triompher dans les discours officiels, les constructions n’en finissent plus de vieillir de cette obsolescence précoce, dont notre pays a le secret. Le tout-à-l’égout est à l’avenant : Sous-dimensionné, surchargé, pollué et encombré. Alors lorsque l’inondation a frappé son quartier, ce mardi-là, le sang de Mustapha Semlali, Alias «Allal» n’a fait qu’un tour, face à l’ampleur du désastre. Débarrassé de son chemisier hawaïen de seconde main, muscles saillants, cage thoracique en porte-à-faux et posture conquérante, le héros d’un jour semblait marcher sur l’eau, n’hésitant pas à plonger, dans la boue des eaux usées, pour curer quelques regards des déchets  hétéroclites qui les obstruaient, sous les yeux éberlués d’une foule en délire.

Il y avait quelque chose d’Hercule en Allal, pourrait-on chanter. Physique noueux, acharnement du sort, domicile familial abandonné, nom d’emprunt et, in fine, l’immortalité avec ces quelques minutes d’une vidéo qui a fait le tour du monde. Mais au pays du Couchant, c’est bien connu, il ne peut y avoir d’autre héros que le tyran,  ce dernier détestant qu’on lui fasse de l’ombre. Alors, un vulgaire préposé au chauffage d’un hammam bâti comme un athlète et qui joue les empêcheurs d’inonder en rond, vous pensez bien ! Son exploit à peine accompli, l’égoutier improvisé, subissait un interrogatoire serré et une visite inquisitoire à son misérable et sombre une-pièce, histoire de s’assurer que l’homme n’allait pas se transformer en leader révolutionnaire rassembleur de foules. Rassurés par la misère, le discours simpliste, les louanges et les vivats de notre héros pour le roi  et son chef du gouvernement, les sécuritaires avaient battu en retraite, cependant qu’une rumeur, savamment distillée, laissait entendre que l’homme aurait agi sous le coup de quelques substances illicites.  Allal, lui, se répandait en interviews où il promettait de damer, à lui tout seul,  le pion à tous les ouvriers de la Redal, et tous ceux que l’on voudra, si « on » faisait appel au savoir-faire, dont il venait de faire la démonstration.

prière rogatoire

En ce début novembre, ce sont donc les averses qui ont ravi la vedette. Abondantes et dévastatrices. La direction de la météorologie avait émis, dès dimanche,  un avis de tempête, avec « averses parfois orageuses et souvent accompagnées de vents forts dans plusieurs régions du nord, du centre et de l’est du pays. ». Des coups de tabac impressionnants, aux conséquences parfois incalculables, particulièrement dans les campagnes profondes, où les oueds peuvent, en quelques minutes, passer de la configuration de rus à celle de torrents impétueux,  aux accès de colère qui broient  tout sur leur passage, n’épargnant ni les biens, ni le vivant.

L’histoire aurait pu s’en tenir là, si, guère impressionné par ces alertes, le Palais ne s’était fourvoyé à organiser le vendredi 7, entre deux averses,  des prières rogatoires, sous la conduite de prince héritier, Hassan. Un grand moment de honte pour le régime qui instrumentalise la religion, depuis qu’il a compris le bénéfice qu’il pouvait en tirer. Les rues de la plupart de nos villes étaient noyées sous des trombes d’eau et tout ce que le pays comptait de notables et d’ « élites »,  avait pris le chemin des mosquées, y empruntant à l’animisme africain, un de ses rites les plus obscurantistes pour en appeler à la pluie.

Au même moment, à cinq cent millions de kilomètres de notre galaxie, un petit robot achevait sa course dans l’espace intersidéral, pour aller se poser sur une comète, au milieu de nulle part, avec une précision diabolique. But de l’exercice, étudier les origines du monde et tenter de dire son futur. Autant dire un moment de grande solitude et de frustration pour nos compatriotes,  pris dans les serres  d’un régime qui a érigé le moyen-âge, la mystification et l’hypocrisie en outils de gouvernance et fait d’un enfant l’instrument d’une forfaiture, preuve qu’il n’y a rien à espérer de cette génération qui passe les portes du collège royal.

Sauf miracle, les chemins de Mustapha Semlali, Alias Hercule et Hassan Ben Mohammed Alaoui,  ne devraient jamais se croiser.

Le premier est retourné à l’enfer de ses copeaux et au bûcher du four à bois de son hammam de quartier. Personne ne viendra jamais l’y chercher, pour lui confier les rênes de la voirie de Rabat, malgré ses nombreux appels du pied au roi et à Benkirane.

Le second est retourné à la douceur de ses palais, et à ses rêves d’enfant, sans se douter que les adultes s’acharnent chaque jour, à corrompre les plus infimes parcelles de son innocence, à le faire participer, à son corps défendant, aux mensonges et aux singeries coupables du régime marocain.

Ainsi va la vie du côté des grottes d’Hercule !

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Ahmed Benseddik sur le long chemin de la rémission

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Ahmed Benseddik, au mois de juin 2014, sur les bords du lac d’Annecy, en France

Après plus de trois semaines d’un semi-coma, Ahmed Benseddik, semble se remettre progressivement de son accident vasculaire cérébral. L’ingénieur dont l’état de santé s’améliore, reconnaît ses proches et ses amis. Il s’entretient, plaisante avec eux et prend des nouvelles de tous ceux qui n’ont pu le visiter jusqu’à présent. Transféré de la réanimation, au service de neurologie de l’hôpital Cheikh Zayed, il a pu se lever, en début de semaine et faire quelques pas, en compagnie de ses enfants, même si la médication et l’accident dont il a été victime, le plongent dans un état de grande fatigue et lui interdisent encore les efforts prolongés. Comme on pouvait s’y attendre, le centralien, en bon hyperactif, s’est inquiété de récupérer son ordinateur et son téléphone portable et de reprendre du service.

On se souvient qu’un AVC profond avait affecté l’intéressé, dans la nuit du 12 au 13 octobre, le plongeant dans le coma, avant que des amis alertés par un journaliste espagnol, n’enfoncent la porte de son petit appartement du Bas-Agdal, pour lui porter secours. Transporté aux services des urgences de l’hôpital Avicenne, dans un premier temps, la famille de l’activiste s’était vu opposer un refus de prise en charge par l’équipe médicale, avant que ce dernier ne soit transféré vers l’hôpital Cheikh Zayed, après une attente interminable de huit heures, sans aucune prise en charge médicale, un cas flagrant de non-assistance à personne en danger. Les spéculations sont allées bon train au cours des premières heures. Certains n’ont pas hésité à imputer l’accident vasculaire à un empoisonnement criminel.

Benseddik aura sans doute, besoin d’une longue rééducation et de beaucoup de repos pour se remettre totalement de cet épisode, d’autant qu’il semble affecté d’une légère hémiplégie du côté gauche.

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Maroc, la diplomatie de la corruption tous azimuts

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Si les câbles twittés par chris_coleman24 ont eu un mérite, c’est d’avoir montré le véritable visage de la diplomatie marocaine. Même si certains d’entre eux se sont révélés être des faux, il n’en demeure pas moins que les autres, montrent l’ampleur des dégâts infligés aux affaires étrangères par des décennies d’infantilisation, menée par le Palais et par un système de recrutement et d’avancement qui fait appel au népotisme, plutôt qu’au mérite et où tout le monde semble trouver son compte. Le régime se rassure en nommant des fonctionnaires dociles et médiocres à des postes sensibles, dans des villes prestigieuses, moyennant l’obligation pour ces derniers d’une stricte observance des règles édictées par le palais de ne jamais prendre d’initiatives, ni se risquer à des fréquentations non autorisées, sous peine de mise à l’écart brutale. Tout le contraire des règles de la diplomatie dont on sait qu’elle se fait à coup d’initiatives personnelles et de dynamisme.

Plusieurs des documents révèlent le modus operandi de notre représentant permanent auprès des Nations Unies, Omar Hilale qui se résume en deux mots, fayotage et corruption. Ainsi lorsque l’intéressé s’apprête, par exemple, à rencontrer le 15 mai 2013, Navanethem Pillay, la haut commissaire aux droits de l’homme à l’ONU, il écrit, histoire de donner à penser que son emploi du temps est particulièrement chargé :

« Parallèlement et afin de neutraliser toute nuisance potentielle au sein du Haut Commissariat aux Droits de l’Homme (HCDH) , j’ai même rencontré pendant une heure, le tunisien Frej Fennich ………………Voulant verrouiller totalement l’intéressé, j’ai demandé à son ami intime, de lui demander de contribuer positivement à minimiser l’impact de cette rencontre. ».

Le reste du document est à l’avenant, avec la mise « en exergue (de) l’estime que Madame Pillay éprouve pour le Maroc en général et la vision courageuse de Sa Majesté le roi,  en particulier ».

Après cette tirade indigeste, semblant tout droit sorti des dépêches de la Maghreb Arab Press (MAP), on comprend l’indigence intellectuelle que cherche à se faire pardonner notre diplomatie, à coups de tagines, d’invitations et de corruption.

Le plus grave est à venir, lorsque l’ambassadeur évoque clairement la piste de la corruption pour « intéresser Madame Pillay financièrement,  en raison des réductions drastiques du budget du HCDH………. », avant de confirmer que celle-ci a bien eu lieu, dans le câble daté du 1° février 2014, avec « une généreuse contribution volontaire annuelle d’un million de dollars etc……… »

Une donation qui semble justifier la stupéfiante déclaration de la Haut commissaire, à  l’issue de sa visite au Maroc, en mai dernier et dans laquelle elle soulignait gênée, « que le pays avait fait de grands progrès, vers une meilleure protection des droits de l’homme…. », avant de se racheter, en reconnaissant « que beaucoup restait à faire, notamment en matière de liberté d’expression. »

D’autres documents accablent notre homme promu, depuis, représentant permanent du Maroc aux Nations unies, à New York depuis le 14 avril 2014, après avoir sévi six ans durant,  avec la même médiocrité, sur la rive droite du Léman, comme représentant à la mission du Maroc auprès de l’ONU. Une promotion largement due au caractère de grand corrupteur du personnage que n’effraient nullement les sommes faramineuses que le pays injecte à puits perdu dans des causes tout aussi perdues, comme lorsqu’il recommande vivement d’inviter Bacre Waly Ndiaye, Directeur de la Division des Organes des Traités au Haut Commissariat des Droits de l’Homme, qualifié de « fervent Tijane » pour un pèlerinage à Fès, dans des lignes qui en disent long sur la politique africaine du Maroc.

Chaque câble confirme ce qu’on savait déjà, sur les pratiques indignes de l’Etat marocain, telles que l’achat des consciences, le financement des campagnes électorales de pays tiers, le népotisme, les invitations dispendieuses des thuriféraires de la dictature.

Omar Hilale qui n’a ni le pouvoir, ni le début du commencement d’une idée, pour sortir le Maroc de l’ornière du Sahara et du lourd dossier des atteintes aux droits de l’homme, n’a donc plus que la corruption comme stratégie. Il n’ignore, en effet pas, que celle-ci, en même temps qu’elle rapproche ses acteurs, en fait des complices et les détenteurs de secrets inavouables. Elle les rend, du même coup, indéboulonnables, ce qui explique pourquoi tant de corrompus continuent de graviter autour du palais, inamovibles et taiseux, face aux exactions du régime.

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