Tragi-comédie sur Léman

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Ali Lmrabet sur la place des Nations à Genève, peu avant le lancement de sa grève de la faim

 Ali Lmrabet_ Je ne cederai jamais

Lundi 15 juin, Club de la presse à Genève.

Là, au milieu de la végétation luxuriante d’un jardin bucolique, dans  une salle de conférence souterraine, il y avait sketch.  A l’initiative de son comité de soutien, Ali Lmrabet y donnait une conférence pour expliquer les circonstances dans lesquelles il s’est retrouvé sans papiers de légitimation autre qu’un passeport arrivant à échéance le 24 juin 2015. Les autorités marocaines refusant obstinément de lui délivrer un certificat de résidence,  le sésame qui déclenche le processus de confection de la Carte d’identité nationale et du passeport.  Le journaliste en a profité pour évoquer une décennie entière d’exactions qui lui ont été infligées par le régime marocain, après une condamnation à l’emprisonnement et une interdiction pour dix ans de l’exercice de la profession de journaliste.

N’était-ce la tragédie de cette vie-là, on se serait cru au « one man show » d’un quelconque humoriste.  Comme lorsque le journaliste  évoque sa convocation par le commissaire de police qui l’enjoint de restituer le fameux  certificat qu’il lui avait lui-même délivré quelques jours auparavant. Moment  de franche rigolade à l’évocation de l’index du fonctionnaire,  pointé au plafond pour désigner « le » véritable responsable de cette requête bizarre. Devant une assistance hilare, le journaliste mime la scène dans ses moindres détails, sourcils froncés, scrutant le plafond du club de la presse,  comme pour y débusquer le coupable. Et pour mieux pimenter son récit, il n’a pas hésité à user et abuser du bégaiement réel ou simulé dont il est coutumier et que cultivent savamment les plus grands humoristes, au ravissement de leur public.

A écouter l’homme disserter ainsi, avec autant de légèreté sur sa propre tragédie, on comprend un peu mieux,  qu’il  ait plutôt choisi la lorgnette de la satire,  pour faire du  journalisme.  Pas étonnant non plus, que son destin ait fini par rejoindre celui  de son plus fidèle ami, cet humoriste talentueux,  Ahmed Senoussi, alias « Bziz » que le régime marocain interdit de tout spectacle, depuis vingt-quatre ans et dont un rapport de l’organisation américaine de défense des droits de l’homme,  Human Rights Watch dit que  “C’est l’artiste le plus censuré du Maroc”.

Humour ou pas, Lmrabet fut implacable dans son réquisitoire, contre le régime, ce qui fit dire à un haut fonctionnaire international marocain qui l’a rencontré après la conférence :

  • « Il n’a pas une once de soumission, ni une bribe de compromission ! »

C’est le propre même des dictateurs de se mettre sciemment dans l’embarras.  Alors que la prudence commande au gouvernant  de ne rien entreprendre dont il ne connaisse les tenants et aboutissants et en prépare au préalable une sortie honorable,  le régime marocain s’est fait une spécialité de s’engluer dans d’inextricables imbroglios, frappant d’abord pour se poser la question de l’épilogue ensuite.  Un fait du Prince que Hassan II avait érigé en mode de gouvernance, comme lorsqu’il  avait entraîné son pays dans cette affaire du Sahara occidental, afin de faire oublier ses propres turpitudes.  Quarante ans plus tard, le pays qui traîne l’affaire comme un boulet,  n’en finit plus d’en payer le prix fort. Le Makhzen s’étant, quant à lui, résolu,  à toutes les compromissions et toutes les infamies,  pour faire oublier la sombre réalité  de ce dossier. Un temps, Hassan II s’en était également pris à l’un de ses opposants  les plus célèbres, un de plus, Abraham Serfaty,  emprisonné pendant dix-sept (17), avant que,  embarrassé par les proportions qu’avaient pris l’affaire, et la levée de boucliers qu’elle avait suscitée, il ne le fasse déchoir de sa nationalité marocaine et expulser du pays.

Hassan II disparu, les bourdes demeurent.  Mohammed VI n’est pas en reste. Et le cas Ali Lmrabet est une bourde de taille, puisqu’elle enfreint le service minimum prévu par la constitution, envers tout citoyen, la délivrance d’une pièce d’identité.  Elle en rappelle d’autres à mettre au compte de l’administration marocaine : Aminatou Haidar, l’activiste sahraouie, Nadia Yacine, Fondatrice et dirigeante de la branche féminine d’Al Adl Wal Ihsane et porte-parole du mouvement islamiste ou encore   Ali Anouzla, le directeur de l’édition arabophone du journal Lakome.  Les pourfendeurs d’Ali dans leur aveuglement coupable ont simplement  oublié qu’à moins de faire disparaître définitivement ce dernier dont on connaît l’obstination légendaire, ils  se condamnaient à le voir revenir à la charge, une fois sa peine accomplie. C’est chose faite !

Ali Lmrabet sur la place des Nations Unies à Genève au moment où il s’apprête à lancer sa grève de la faim

Sur les bords du lac Léman, notre ami   qui a entamé une grève de la faim, hante les couloirs des organisations internationales où il a exporté sa cause. Il a, du même coup  réussi à faire entendre une autre version du Maroc  que celle que distillent les aficionados de Tagines, de Riads et d’enveloppes garnies. Les jours qui viennent seront sans doute synonymes d’un bras de fer que  l’homme est décidé à engager contre le régime marocain pour la reconnaissance de son droit légitime. Le Makhzen, de sinistre mémoire, mène là une bataille perdue d’avance.  Mais qui s’en étonnera, tant nos dirigeants semblent désormais disposés à encaisser  les pires camouflets et remettre aussitôt, toute honte bue, leur ouvrage sur le métier, pour d’autres déculottées ?

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« Mohammed Suisse » et le Quai des Bergues

Sans titre

En haut à gauche, le 37, Quai Wilson, ancien siège de HSBC Assett Mangement. En bas le 9/17 Quai des Bergues actuel siège du même département sur les bords du lac Léman.

Chez HSBC, on semble désormais croire, dur comme fer  à ce vieux dicton du bout du lac Léman, qui prétend qu’entre une banque et une banque, il  vient toujours s’en intercaler une troisième. D’autant que, il faut bien le reconnaître,  le 37 Quai Wilson, l’ancien Hôtel Bellevue, sur lequel la banque avait jeté, en première instance, son dévolu, ne faisait pas le poids en matière de discrétion, pour une entreprise qui avait décidé de s’affranchir des lois sur le blanchiment, histoire de ratisser aussi large que possible.

C’est donc tout naturellement au 9/17, Quai des Bergues, rien moins que cinq immeubles groupés face au lac Léman,  que la Hong Kong & Shanghai Banking Corporation a regroupé ses bureaux. Ici,  les clients « prestigieux » ne risquent de  croiser  ni foule, ni guichets, ni distributeurs automatiques de billets, mais des huissiers en tenue d’apparat. Il faut bien ça, en ces lieux où le marbre épouse dorures, stuc, bois précieux et moquettes profondes. Mais n’allez surtout pas imaginer croiser une quelconque vertu, dans ce luxe raffiné où la propreté frise l’asepsie. Car s’il faut en croire Swissleaks, les avocats marrons y introduisent les mafieux. Les gangsters y côtoient les directeurs de cabinets. Les trafiquants de drogue y croisent des chefs d’Etat. Et les rois y mettent leurs pas dans ceux des grands criminels.  Tout ce petit monde qui a depuis longtemps  perdu le goût du travail acharné et du salaire honnête, gagné à la sueur de son front  est uni par le même destin du fraudeur qui n’aspire qu’à dissimuler le butin de ses rapines.

Cette affaire du Quai des Bergues résonne comme un mauvais film. Il n’y a pas si longtemps, Mohammed VI dissertait sur le patriotisme et se faisait donneur de leçons. Il apparaît soudain sous son vrai jour. Son nom, flanqué de ceux d’un aréopage de proches de la monarchie et couché sur une  liste où figurent de vulgaires criminels de droit commun. Le plus sordide c’est d’imaginer les tractations ayant précédé l’ouverture des comptes bancaires, les négociations à propos des commissions de placement, les rétro-commissions aux intermédiaires véreux, les valises de cash transformées en valises diplomatiques, les faux passeports, les comptes numérotés à apprendre par cœur, les mots de passe à trouver, les prête-noms et tout le reste. Tout ce qui fait la différence entre les honnêtes gens et les autres. Entre les gouvernants vertueux et les crapules. Entre les hommes d’Etat et les malfrats. En un mot entre dignité et indignité.

Quel message envoie-t-on à ces millions de marocains chômeurs, à ces laissés pour compte, à ces sans-noms, quand le chef de l’Etat appauvrit son pays, pour enrichir des banquiers voyous ? Quel crédit donner à ce prétendu appel citoyen aux marocains de l’étranger, les invitant à rapatrier leurs devises, quand on sait que le chef de l’Etat, au demeurant milliardaire, ira jongler avec leurs dollars, leurs francs suisses et leurs Euros, dans les banques étrangères ?

Voilà pour le commentaire.

Sur les faits, on peut légitimement s’interroger sur les raisons qui ont poussé les autorités françaises à livrer en pâture, le nom du roi, de sa famille et de son entourage, alors qu’elles  ont jugé nécessaire de nettoyer la fameuse liste, de certains noms, avant de la transmettre à la presse hexagonale, comme le souligne si bien Eric de Montgolfier, ancien procureur à Nice et le premier à avoir récupéré le fichier, au lendemain de l’interpellation d’Hervé Falciani,  par la gendarmerie de Menton. Même si Paris continue de fermer les yeux sur les comptes détenus par Mohammed VI, dans les banques hexagonales et sur les biens mal acquis de ce dernier, sur son territoire, ou qu’elle décore le patron du contre-espionnage marocain, pour racheter la convocation de ce dernier par la justice française début 2014,  cet « oubli » trahit le peu d’estime en laquelle l’Hexagone semble désormais tenir le roi, dont il connaît tout de la cupidité et du peu de cas que celui-ci fait de la chose politique ou du respect de ses compatriotes.

On ne peut également s’empêcher de faire le lien entre cette divulgation et  le règlement éclair de la crise franco-marocaine, quoi qu’en disent les défenseurs du Client HSBC  numéro 5090190103 et leurs déclarations faussement triomphalistes qui voudraient faire croire que Rabat aurait gagné son bras de fer avec Paris. Le régime marocain a, en effet, pour habitude de mettre de l’eau dans son vin, avec ses alliés, chaque fois qu’une affaire met directement en cause la probité de la monarchie et menace de jeter le discrédit sur le premier intéressé, avec le risque toujours probable de dégradation d’un climat intérieur marocain déjà bien lourd.

Sait-on jamais, les voies de l’exil pourraient se faire impénétrables !

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Et soudain, l’horreur semble ne plus avoir de frontières

Les cons n'ont jamais eu le sens de l'humour et rarement  celui de l'honneurvictimes

La cavale des meurtriers de Charlie Hebdo s’est achevée comme elle avait commencé. Dans le crépitement des armes automatiques, l’odeur de la poudre et du sang. La tragédie avait pris naissance dans les locaux d’un journal. Elle a fini dans ceux d’une imprimerie. Comme un ultime pied-de-nez, un immense doigt d’honneur du dessin, de l’écriture, et de la pensée aux  » fous de Mahomet « , avant qu’ils ne passent de vie à trépas.

Quelques minutes avant de succomber aux  tirs des forces de l’ordre, Chérif Kouachi, interviewé par BFM TV,  s’était légitimé d’un code de l’honneur. Une bien étrange conception de l’honneur qui dicta aux tueurs d’achever un adversaire à terre, blessé et qui, de surcroît, demandait qu’on épargnât sa vie. Un code de l’honneur qui aura fait, en trois jours, dix-sept victimes innocentes, en comptant celles du supermarché casher, Porte de Vincennes.

Ils disaient vouloir venger le prophète. Ils l’ont assassiné. Ils disaient avoir tué Charlie. Ils l’ont rendu immortel. Ils ont fait pire. En fils indigne, ils ont commis un parricide, poignardant  leur mère-patrie, en plein cœur. Dans ce qu’elle avait de plus gaulois, la satire. S’ils avaient été contemporains des lumières, ces obscurantistes-là auraient assassiné MontesquieuVoltaire, Diderot ou Condorcet.

Et soudain, l’horreur semble ne plus avoir de frontières. Elle s’est cruellement rappelée à nous,  pendant les soixante-douze heures qu’ont duré les abominations et la traque des assassins. La peste islamiste a  fini par nous rattraper, ses exactions ne se commettant plus à l’autre bout du monde, sur un quelconque théâtre moyen-oriental ou africain, mais sous nos yeux et à nos fenêtres, preuve que le monde est devenu bien trop étroit pour que l’on tolère que l’intolérable y prenne place, même dans ses contrées les plus reculés.

Mais à écouter les déclarations revanchardes des uns et des autres, à voir se noyer dans la salive de leurs éructations certains islamophobes et à contempler cet aréopage d’ennemis de la liberté, prendre part à la marche de dimanche dernier, on ne peut s’empêcher de craindre que prenne forme une nouvelle imposture et que de bien sombres moments s’abattent, à nouveau, sur l’humanité.

Mohamed MerahMehdi Nemmouche, Amedy Coulibaly, Saïd et Chérif Kouachi  ne furent jamais que des seconds couteaux. De pauvres minables que la république avait oubliés sur le bas-côté et qui naviguèrent, un moment, entre rap et rapine, avant de s’en prendre au  reste du monde. La vérité est ailleurs que dans les banlieues sinistrées de la Gaule. Les cerveaux de la tragédie ont depuis longtemps été  identifiés. Des imposteurs qui somnolent tranquillement, sur des matelas de pétrodollars, repus d’agapes, pendant que des danseuses du ventre désespèrent  de réveiller en eux, une ardeur défunte. Même pas comique. Plutôt ridicule. Et l’on comprend un peu mieux pourquoi ces Tartuffe qui ne servent à rien et se servent royalement au passage, craignent autant les caricatures et instrumentent d’autres, afin d’assassiner les caricaturistes, ceux-là mêmes qui, précisément, ridiculisent le ridicule, pour notre plus grand bonheur,!

Cruelle réalité que celle que l’on s’apprête à vivre, comme au lendemain du 11 septembre, la traque des lampistes, avec ce risque avéré de ramener dans la nasse bien des innocents. Des victimes collatérales, s’excuseront-ils, sans autre forme de procès et pour solde de tout compte. Pendant que se poursuivront la danse du ventre et le bal des faux-culs !

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Maroc, la psychiatrie punitive au secours des corrompus

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On savait que dénoncer la corruption au Maroc pouvait vous coûter votre poste, vous valoir d’être exilé au  fin fond d’une province inhospitalière du Maroc inutile ou quelques mois de prison. Mais voilà que nos autorités se mettent à innover, en piochant dans le  sinistre répertoire des défuntes républiques soviétiques, la Psychiatrie punitive, la tristement célèbre Psikhouchka. Des thérapeutes aux ordres vous diagnostiquaient alors, une soudaine Schizophrénie torpide  qui vous valait un internement aussi soudain qu’indéterminé, histoire de vous mettre hors d’état de nuire.  

C’est à ce traitement que goûte actuellement Mohamed Ouazzane, architecte, chef du service de l’habitat et de l’environnement à la Préfecture de Settat, interné depuis qu’il a dénoncé la corruption et le trafic d’influence. La famille soutient que l’intéressé menait jusque là une carrière professionnelle irréprochable et qu’il jouit d’une excellente santé mentale, avant de préciser qu’il doit son enfermement au fait qu’il aurait constitué un dossier démontrant la collusion entre des responsables de l’autorité et des promoteurs immobiliers de la région. L’homme aurait dressé une liste exhaustive de tous ceux qu’il accuse d’être partie prenante dans de vastes opérations illégales d’enrichissements. Parmi les accusations portées, celle de la délivrance d’autorisations de construire, sur des sites interdits à la construction tels que des vallées inondables, ou des lits de rivières comme ceux des Oued Moussa et Ghadr ou encore la transformation de zones vertes en zone constructibles.

C’est en voulant remettre une première partie des documents compromettants au conservateur du palais d’Agadir que l’homme a été arrêté, interrogé avant d’être interné à l’hôpital psychiatrique de la ville voisine d’Inzeggane.

Affaire à suivre !

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Les autorités marocaines interdisent une caravane de solidarité avec les victimes des inondations

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Les autorités marocaines ont interdit vendredi 12 décembre, une caravane de solidarité avec les victimes des dernières inondations organisée par un groupe de dix-sept (17) associations, au prétexte qu’elle n’était pas au bénéfice d’une autorisation de bienfaisance publique. Une mesure qui, selon Omar Daoudi, avocat, serait illégale, l’autorisation en question ne s’appliquant qu’à la levée de fonds et leur manipulation et non aux dons en nature, dont il est question.

La cargaison destinée essentiellement aux sinistrés de Guelmim, Tiznit et Ifni a fait l’objet d’une saisie, alors même qu’elle était en cours de chargement, au quartier Yacoub El Mansour à Rabat et les initiateurs ont été informés qu’ils devaient se munir d’une autorisation légale, pour procéder à son acheminement aux sinistrés ou rechercher avec les autorités un autre moyen de l’acheminer aux populations concernées.

Dans un entretien accordé au site électronique Badil Info, l’un des responsables de la caravane, a rappelé que la mesure enfreignait l’Article 40de la constitution qui stipule que  « Citoyens et citoyennes supportent solidairement et proportionnellement à leurs moyens, les charges résultant des calamités nationales et des catastrophes naturelles.  »

Ce n’est pas la première fois que le Makhzen s’en prend à une caravane de solidarité.

On se souvient qu’en février 2012, le pacha de la ville de Nador avait interdit une caravane de solidarité, organisée par un comité de dix-huit (18) associations.

Il s’agissait de porter des couvertures, des matelas et des vêtements aux habitants du Moyen Atlas, au plus fort d’un hiver rigoureux qui avait fait plusieurs morts, dont des nourrissons. La même mesure avait été prise contre une initiative du genre, une année plus tard, lorsqu’il s’était agi de porter secours aux populations d’Anfgou, que les intempéries et les chutes de neige avaient, une fois de plus, coupées du reste du monde. Cette fois-ci les autorités avaient argué que derrière ce genre d’initiatives pouvaient se dissimuler quelques sombres desseins prosélytes d’extrémistes islamistes.

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Mohammed VI sur les pas de Mehmed VI

Mehmed VI

Son pays n’en finit plus de subir les assauts du déluge. Des centaines de millions de dollars d’ infrastructures approximatives, réduites à néant.  Des milliers de compatriotes privés de toit, victimes des inondations ou d’expropriation cruelle, en plein hiver, au bénéfice de sociétés de promotion immobilière véreuses. Des autorités civiles et militaires, peu enclines à porter secours aux sinistrés des inondations, mais promptes à fondre sur les caravanes de solidarité improvisées par les citoyens. Des milliers d’habitants de l’Atlas que la neige menace  de couper à nouveau du reste du monde et de précipiter dans une précarité mortifère. Des manifestations qui gangrènent le quotidien des villes et des villages. Des exactions policières dénoncées par toutes les organisations de défense des droits de l’homme. L’affaire du Sahara qui part  à vau-l’eau. Les secrets les plus inavouables d’une diplomatie corrompue et corruptrice, jetés en pâture à l’opinion publique internationale. Des relations avec les alliés traditionnels, au plus mal. Loin d’être exhaustif, ce florilège de mauvais coups, de menaces et de catastrophes semble, comme de coutume, avoir incité Mohammed VI à prendre la tangente, plutôt qu’à affronter l’adversité, comme tout chef d’Etat qui se respecte.

Schizophrénie et absentéisme

C’est en Turquie, cette autre terre d’Islam  que ce dernier a choisi de faire une éclatante saillie de la schizophrénie et/ou de l’hypocrisie de nos pseudo Commandeurs des croyants qui instrumentalisent la religion musulmane, pour maintenir leurs peuples dans l’ignorance et n’en fêtent pas moins Noël et le nouvel an grégorien, avec autrement plus de panache et de réjouissances, comptant moins à la dépense que lorsqu’il s’agit d’honorer le « Mawlid« , la naissance du prophète Mohamed ou le « Raas assana« ,  le nouvel an musulman.

Au moment où le roi jetait son dévolu sur le Détroit du Bosphore et son Ciragan Palace Kempinski, pour folâtrer en famille, accompagné d’une armée de domestiques, d’une flotte aérienne de cinq avions et d’un impressionnant parc automobile, son Chef du gouvernement, l’islamiste Abdelillah Benkirane qui s’est, depuis son arrivée aux affaires, coulé dans le costume de ceux dont il dénonçait, il y a peu, les pratiques, prenait la direction du Brésil, pour représenter le roi à la cérémonie d’investiture de Dilma Rousseff, sa présidente réélue pour un second mandat de quatre ans. Le patron du PJD qui a pris la précaution de se faire accompagner de son épouse en profitera, à coup sûr pour joindre l’utile à l’agréable et prendre part aux réjouissances du nouvel an, dans la capitale brésilienne. Même si le Chef du gouvernement n’a que peu de pouvoirs et d’influence sur l’échiquier politique marocain, son absence couplée à celle du roi, pose un réel problème de vacance du pouvoir et accessoirement la question de la frivolité et l’immaturité de nos dirigeants. Elle met également en lumière cette nouvelle phase d’absentéisme royal et le manque manifeste d’intérêt de ce dernier, pour les fonctions qui sont les siennes. Après l’annulation en cascade  de ses voyages à Moscou, Washington et Pékin et son voyage aussi inopiné que prolongé aux Emirats arabes unis, le roi ne semble plus désormais manœuvrer que comme un dilettante expérimentant à ses dépens, le Principe de Peter qui, lorsqu’il vous a fait perdre toute crédibilité, ne vous laisse plus que de pitoyables coups de gueule, pour tout argument. Le dernier en date étant celui qui a valu Mohamed Ouzzine, sa brutale éviction, alors que les maux qui rongent le pays sont bien pire que la simple incompétence d’un ministre de la jeunesse et des sports.

Une conseillère nommée colère

Dicté par la colère également, ce choix par Mohammed VI de la Turquie, histoire de faire payer à la France, les affaires qui n’en finissent plus de pourrir les relations entre les deux capitales. De l’affaire Abdellatif Hammouchi, le patron de la Direction Générale de la Surveillance du Territoire (DGST), accusé de torture et que la justice française avait voulu auditionner, lors de son voyage parisien, en février 2014, à celle du tribunal administratif d’Amiens qui vient de désavouer le préfet de l’OiseGeorges Desforges, pour avoir interdit le 23 octobre 2012, les rassemblements que devaient tenir, entre le 27 et le 29 octobre de la même année, l’ex-capitaine Mustapha Adib et le Collectif pour la Dénonciation de la Dictature au Maroc (CDDM), devant le Château de Betz, lieu de villégiature préféré de Mohammed VI, en France.

Qu’il se soit agi d’une précaution pour s’éviter une confrontation humiliante avec ses opposants sous les fenêtres même de sa résidence de l’Oise, ou qu’il se soit agi de tancer l’Hexagone, le châtelain de Betz ne s’en est pas moins tiré une nouvelle fois, dans le pied, avec son périple turc, chacun aura pu apprécier son goût ostentatoire pour le luxe et sa propension aux dépenses somptuaires qui font scandale et qui grignotent chaque fois un peu plus son statut mort-né de « Roi des pauvres« . C’est comme si une pathologie compulsive s’était emparée des membres de la famille royale, depuis la mort de Hassan II.  Le roi ne rate en effet plus une seule occasion de dépenser sans compter, comme lorsqu’il avait acheminé son Aston Martin, à réparer aux ateliers de Newport Pagnell, en Angleterre, par Hercule C130, spécialement affrété pour l’occasion, en septembre 2009.

Les autres membres de la famille royale ne sont pas en reste. En Août dernier, pour ne citer qu’elle, sa soeur aînée, Meryem, s’était rendue en vacances  sur la côte adriatique à bord de l’un des yachts les plus prestigieux au monde, l’«Insignia». Un cabotage au large de la Croatie,  en forme de scandale, la semaine sur ce genre de bâtiments étant facturée deux cent mille (200.000) euros, sans compter les dépenses connexes.

Mohammed VI, Mehmed VI, même combat

Alors que Mohammed VI atterrissait dans la capitale ottomane, un rapport de l’ONG américaine Global Finance Integrity, intitulé « Illicit Financial Flows from Developing Countries: 2003-2012 »,estimait qu’environ un milliard de dollars quittait chaque année le Maroc de manière illicite. Nul n’ignore la frontière ténue qui sépare le licite de l’illicite dans notre pays. Le premier responsable en est la monarchie elle-même. Chacun des déplacements royaux, prélève des quantités astronomiques de devises en dotations de voyages, frais de bouches et de séjour qui contribuent pour une large part à aggraver le déficit de notre balance commerciale. C’est également une occasion rêvée pour nombre de courtisans, d’exporter illégalement ce qui ira grossir leurs comptes dans les banques européennes ou américaines. Mohammed VI n’a nul besoin de se cacher, de multiples sociétés off-shore et des partenaires étrangers se chargent de la basse besogne pour lui.

Dans l’aile du Ciragan Palace Kempinski, réservée aux suites, un réveillon en chasse un autre. Celui de Noel s’est achevé,  dans un luxe et une boulimie à peine imaginables pour l’écrasante majorité des marocains qui se battent pour leur survie. Un autre se prépare. Encore plus baroque et plus fastueux que le premier. Après quinze ans de règne, Mohammed VI a décidé de jeter le masque et les superlatifs qui ont accompagné ses débuts de souverain. Il n’en finit plus de collectionner bourdes et maladresses et n’hésite plus à présent, à se faire provocateur et arrogant.

A revisiter l’histoire on se rend compte combien il ressemble tant à son défunt homonyme Mehmed VI, le  dernier sultan ottoman, dont il foule aujourd’hui le marbre blanc de son palais et qui fut détrôné pour avoir manqué de courage politique, perdu tout sens de la mesure et jeté aux orties toute empathie envers son peuple.Tout Mohammed VI !

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N’a pas de patrie, celui qui vit et meurt sans dignité !

Nouvelle image

Un vulgaire sac plastique pour tout linceul et une benne à ordure, en guise de fourgon mortuaire pour les victimes des inondations

Ce qui avait commencé début novembre, comme une mascarade avec les prières rogatoires, a désormais pris des allures de tragédie nationale. C’est comme si une colère céleste avait frappé le pays, histoire de punir les siens, de l’hypocrisie blasphématoire de ses dirigeants. Et une fois de plus le Makhzen n’a pas été en-deçà de l’incurie, de l’indifférence et de la cruauté qui ont fait sa réputation. A la fois si prompt à fondre sur le petit peuple, lorsqu’il s’agit de le réprimer et aux abonnés absents, lorsqu’il s’agit de lui porter secours.

On l’aura compris, il n’y aura donc eu ni déploiement de moyens matériels, ni mobilisation de l’armée, ni deuil national, ni compensations envisagées pour les pauvres parmi les pauvres. Le bilan des inondations est effroyable. Il se compte en dizaines de morts, en centaines, sinon en milliers de sans-abris et en millions de dirhams de dégâts, mais semble glisser sur nos responsables qui, en quelques jours ont donné la pleine mesure du peu de cas qu’ils font de la vie des marocains et un aperçu de leur incompétence coupable. Jugez plutôt:

Aux premières heures de la catastrophe, alors que le désastre battait son plein et que ses compatriotes perdaient la vie par dizaines, le cabinet royal annonçait l’intention de  Mohammed VI de se  rendre en Chine, avant qu’un refroidissement, compliqué semble-t-il d’une bronchite, n’épargne à celui-ci le vent d’indignation que promettait de susciter ce voyage à un tel moment.  Puis, sans transition, c’est vers le Libéria et la Sierra Leone que le roi s’est tourné, faisant acheminer vers ces deux pays, douze tonnes de médicaments et de produits médicaux. Et mise à part une pathétique prise en charge de l’enterrement de quelques victimes, avec force publicité, le roi s’est plutôt fait discret, à l’échelle nationale,  faisant la preuve qu’il ne suffit pas de se revendiquer d’une monarchie exécutive, pour se montrer à la hauteur de ses ambitions. On attendait du chef suprême des armées qu’il ordonne la mise sur pied d’une opération de vaste envergure, afin de porter secours aux sinistrés. Au lieu des prières rogatoires hypocrites, ordonnées jusqu’aux coins les plus reculés du royaume, c’est une alerte générale qui aurait du être lancée.

A l’heure du premier bilan, on peut légitimement s’interroger sur l’ampleur des premières vagues d’eau, aux allures de tsunamis qui ont submergé le sud du pays, avec pour théâtres, les lits des oueds, les vallées et les régions voisines des grands barrages. Tout porte à croire que ces derniers ont largement contribué à alourdir le bilan des inondations, soit qu’ils aient débordé ou que l’on ait procédé à des lâchers d’eau, afin de les soulager de la pression hydrique. Dans l’un ou l’autre des scénarios, pourquoi les populations n’ont-elles pas été averties de la dangerosité du phénomène auquel elles allaient être confrontées ? Pourquoi, compte tenu des prévisions météorologiques, n’a-t-on pas procédé à ces lâchers d’eau préventifs, bien avant la tempête ? Autant de questions qui resteront sans réponse, tant que Mohammed VI n’ordonnera pas une enquête, afin de déterminer les responsabilités.

Du côté du gouvernement, même silence chez nos ministres, conscients que leurs pouvoirs, leurs prérogatives et jusqu’à leur empathie, réduits à la portion congrue, s’arrêtent où commencent ceux du roi. Pas un seul ne diligentera d’enquête, ni ne chaussera ses bottes, pour aller s’enquérir de la situation, réconforter les sinistrés, prendre note des travaux de remise en état, du relogement des sans-abris et des compensations pour les pertes subies. Tout au plus, quelques uns ont-ils lancé des alertes sur leur page Facebook. Initiative pitoyable et ne prêtant nullement à conséquence, au vu du faible taux de connexion dans le Maroc inutile. D’autres, comme Najib Boulif, ministre chargé des Transports, simuleront, comme de coutume, un coup de gueule avec ce truisme navrant, concernant l’obsolescence de plus d’un millier de ponts marocains.

A dérouler le film de la tragédie qui frappe le pays, un irrépressible dégoût vous soulève le cœur. On comprend un  peu mieux pourquoi tant de marocains n’ont qu’un seul rêve, celui de fuir le pays qui les a vu naître, à la recherche de leur dignité perdue.

« N’a pas de patrie, celui qui vit et meurt sans dignité« , dirait l’adage. Car c’est bien de dignité qu’il est question avant tout, lorsque votre semblable est ballotté, tel un fétu de paille, sur le toit d’un camion, des heures durant, avant de sombrer corps et âmes ou qu’il assiste impuissant à la disparition de tous les membres de sa famille, puis au convoyage de leur dépouille, dans une benne à ordures. C’est encore de dignité qu’il s’agit lorsque votre propre armée évacue les touristes étrangers et vous abandonne, livré à la furie des éléments.

Enfin, c’est aussi de dignité dont il est question, lorsque le pays qui prétend grandir les âmes, organise un forum mondial des droits de l’homme, alors qu’il ignore souverainement,  l’Article 3 de la Déclaration universelle des droits de l’homme qui stipule que « Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne« . Tout le contraire de ce qui se déroule depuis bientôt un mois, dans le Sud marocain.

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